Paris : la préfecture de police interdit un rassemblement dimanche pour le retour des messes

Cette interdiction faite suite au non-respect des gestes barrière et de prières de rue lors d’un événement similaire organisé vendredi devant l’église Saint-Sulpice.

 Vendredi soir, sur le parvis de l’édifice religieux, des fidèles catholiques ont pris part à une prière de rue.
Vendredi soir, sur le parvis de l’édifice religieux, des fidèles catholiques ont pris part à une prière de rue. LP/Jean-Baptiste Quentin

Appels à des « prières de rues », « mesures sanitaires pas correctement suivies »… La préfecture de police de Paris, qui déplore dans un communiqué publié ce samedi la tournure prise par un rassemblement religieux qui s'est tenu vendredi devant l'église Saint-Sulpice, dans le VIe arrondissement de la capitale, a annoncé qu'elle interdisait « une manifestation du même type organisée dimanche sur la même place Saint-Sulpice ».

Vendredi soir, sur le parvis de l'édifice religieux, des fidèles catholiques ont pris part à une prière de rue et demandé la possibilité d'organiser des messes pendant le confinement. Ces dernières sont actuellement interdites en raison des règles sanitaires prises face à l' épidémie de coronavirus. Ainsi, plusieurs dizaines de personnes se sont installées devant l'église, en portant notamment des banderoles où était inscrit le slogan « Rendez-nous la messe ».

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« Ces mesures sanitaires n'étaient pas correctement suivies »

Dans son communiqué, la préfecture de police précise que « les organisateurs de la manifestation de vendredi dernier ont annoncé qu'ils s'associeraient », au rassemblement de dimanche. Or, l'événement de la veille n'a pas respecté les règles prévues.

Parvis de l’église Saint-Sulpice vendredi : les catholiques se sont rassemblés pour protester contre la fermeture des messes et des églises/LP/Jean-Baptiste Quentin
Parvis de l’église Saint-Sulpice vendredi : les catholiques se sont rassemblés pour protester contre la fermeture des messes et des églises/LP/Jean-Baptiste Quentin  

« En dépit de l'engagement des organisateurs de faire respecter la distanciation sociale et les gestes barrière, les forces de l'ordre ont constaté que ces mesures sanitaires n'étaient pas correctement suivies », déplore le texte, insistant sur le fait que « si la liberté de manifester est préservée » durant cette pandémie, « elle doit se dérouler dans des conditions sanitaires acceptables ».

Les services de l'Etat ajoutent que malgré l'interdiction d'effectuer des prières dans la rue, « celles-ci ont été constatées et relayées notamment sur les réseaux sociaux ». Ce qui a donné à l'événement déclaré une tournure « d'événement cultuel interdit sur la voie publique ».

Une réunion des représentants des cultes lundi

De telles manifestations, rassemblant de nombreux croyants réclamant le retour des messes, ont récemment été observées à Versailles et Nantes et une trentaine d'autres sont prévus dimanche (notamment à Lyon, Bordeaux, Vannes, Nice, Tours, Poitiers ou Strasbourg).

« Je ne souhaite pas envoyer les policiers et les gendarmes verbaliser des croyants devant une église, évidemment. Mais s'il s'agit d'un acte répété et qui est manifestement contraire aux lois de la République, je le ferai », avait menacé vendredi sur France Info le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, tout en rappelant que « la liberté de culte est très importante ».

Il a aussi proposé une alternative aux messes : « Les lieux de culte peuvent continuer à faire du culte avec un ministre du culte qui peut continuer à faire son office et filmer son office pour que, pendant les quelques semaines que nous connaissons d'état de confinement, on puisse avoir un lien avec sa religion ».

Puis, dans un message diffusé dans la soirée sur Twitter, le locataire de la place Beauvau a ajouté que « les lieux de culte restent ouverts pour permettre le recueillement individuel, dans le respect des gestes barrière ». Lundi, il doit réunir « pour la seconde fois les représentants des principaux cultes », notamment dans le dessein de discuter de la reprise des cérémonies « en fonction de l'évolution sanitaire ».