Parc Astérix : pourquoi la fermeture du delphinarium divise les associations

Le directeur du parc annonçait ce lundi la fermeture de son delphinarium. Une décision qui ne réjouit pas totalement les associations de défense des animaux, à cause notamment des futures conditions de transfert.

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 Le Parc Astérix, à Plailly (Oise), a décidé la fermeture de son delphinarium, mais il reste la question du transfert des cétacés et des otaries.
Le Parc Astérix, à Plailly (Oise), a décidé la fermeture de son delphinarium, mais il reste la question du transfert des cétacés et des otaries. LP/Olivier Boitet

Top ou flop? Lundi, le directeur du Parc Astérix, à Plailly (Oise), nous dévoilait la fermeture définitive de son delphinarium, une attraction toujours plébiscitée par le public, mais dans le collimateur des pouvoirs publics et des associations de défense des animaux. La décision pouvait apparaître comme une bonne nouvelle pour les amis des bêtes. Pourtant, c'est assez loin d'être le cas. En cause : l'avenir peu réjouissant des huit cétacés et cinq otaries, destinés à rejoindre d'autres delphinariums en Europe.

Une solution - la seule pour le moment en l'absence de création de sanctuaires marins - qui n'est pas du goût de C'est assez!, association créée en 2015 pour lutter contre la captivité des animaux marins, et qui manifestait régulièrement devant les grilles gauloises.

« Ce n'est absolument pas une bonne nouvelle! martèle Christine Grandjean, sa présidente. Pour les dauphins, c'est même affreux. Un transfert est très traumatisant pour ces animaux : ils vont être séparés et se retrouver avec d'autres dauphins pas forcément accueillants. La rumeur parle de les envoyer en Espagne, où les conditions de captivité sont loin d'être les meilleures… Ce n'est pas non plus une bonne nouvelle pour la cause animale, puisqu'on ne fait que déplacer le problème. Le seul qui peut être content, c'est le parc, qui se débarrasse d'un delphinarium contesté et qui lui coûtait très cher, surtout par temps de Covid. »

Un discours paradoxal pour ceux qui prônent la fin de la captivité? « Pas du tout. En qui concerne C'est assez!, nous n'avons jamais réclamé la fermeture. Nous prônons l'interdiction de la reproduction des cétacés en captivité. Cette mesure fait d'ailleurs partie de la proposition de loi sur la maltraitance animale en débat en ce moment à l'Assemblée nationale. Ensuite, il faut attendre que les sanctuaires marins en cours de création soient prêts à accueillir des animaux, ce qui devrait être le cas d'ici sept à huit mois, un an maximum. En attendant, nous aurions encore préféré qu'ils restent chez Astérix. »

L'association C'est assez ! réclame un moratoire

Dans cette logique, l'association a lancé dès lundi une pétition pour réclamer un « moratoire » sur les delphinariums. Elle a déjà récolté 60 000 signatures en quarante-huit heures et se double de l'ouverture d'une cagnotte pour financer un projet de sanctuaire marin en Grèce.

Le ton est moins offensif du côté de la Fondation Brigitte Bardot qui, elle aussi, a organisé des actions sur le parc. « Pour nous, c'est quand même une bonne nouvelle. Cela fait des années que nous réclamions une fermeture, estime Christophe Marie, porte-parole de la FBB. Après, le transfert programmé n'est sans doute pas la meilleure solution. Dans la proposition de loi à l'Assemblée, il y a la fin de la reproduction, mais aussi un délai de sept ans pour que les sanctuaires soient prêts et que les delphinariums puissent s'organiser. J'espère, en accord avec les promesses de la ministre de la Transition écologique, que cette loi sera votée. En attendant, au Parc Astérix, ce n'est pas une victoire totale, mais ça va dans la bonne direction. »