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Orages et inondations dans le Gard : la crue éclair laisse la vallée hagarde

L’épisode cévenol qui s’est abattu sur le Gard ce week-end a provoqué une montée des eaux record, causant la disparition de deux personnes et provoquant des dégâts considérables, comme dans la vallée Borgne.

 La crue a laissé dans les rues de Saint-André-de-Valborgne (Gard) des monticules de pierres et de boue.
La crue a laissé dans les rues de Saint-André-de-Valborgne (Gard) des monticules de pierres et de boue. LP/Christian Goutorbe

Malgré la mobilisation de 650 sauveteurs au plus fort de l'épisode méditerranéen, deux personnes restaient toujours disparues ce dimanche soir. La voiture d'une femme de 64 ans habitant Le Vigan (Gard) a été localisée dans le lit du fleuve Hérault, mais on n'a plus aucune nouvelle alors que cette aide-soignante à domicile se trouvait au volant au moment de sa disparition. Les proches d'un trailer, qui ne donne plus signe de vie depuis samedi midi, au plus fort du déluge, sont aussi très inquiets.

Les eaux ont noyé les bassins versants des Gardons et de l'Hérault, occasionnant une montée en charge très rapide, notamment dans la vallée Borgne et celle du Gardon de Saint-Jean, noyant en aval commerces et logements de Saint-Jean-du-Gard et d'Anduze piégés par la rapidité de la crue. En moins de vingt-quatre heures, les sauveteurs ont sorti de l'eau 48 personnes, dont une dizaine par hélitreuillage, et ont mis en sécurité 400 personnes qui ont pu, ce dimanche, rejoindre leurs logements.

« Si nous n'avions pas été là pour nous arc-bouter derrière les portes, c'était un désastre », raconte Pierre Bourgade, le patron du bar-restaurant Le Panier fleuri, à Saumane (445 mm de pluie au mètre carré), où la marque de cette crue dépasse de 60 cm la hauteur d'eau de la grande catastrophe de septembre 2002. « C'est allé très vite. Après, on a vu passer des voitures, des caravanes dans la rivière, la voiture du facteur a fini perchée sur le banc public. Sans compter les dégâts tout autour », ajoute Joris, adjoint au maire de Saumane, en pleine opération de nettoyage.

« J'ai réussi à faire partir les campeurs une demi-heure avant l'arrivée de la lame d'eau. A peine une heure plus tard, on avait 4 mètres et même pratiquement 6 mètres à la fin de la crue, avec 2 mètres d'eau dans les sanitaires. On doit déblayer des centaines de mètres cubes de troncs enchevêtrés et un mètre d'embâcles boueux », raconte Cédric Rossel, le patron du Petit Baigneur, camping les pieds dans l'eau du Gardon à la sortie de Saint-Jean-du-Gard.

Cette vallée encaissée du Gardon de Saint-Jean offrait ce dimanche soir un paysage dantesque, avec ses troncs d'arbres enchevêtrés, ses dalles de schistes débarrassées de toute végétation et ses ponts comme scalpés, débarrassés de leurs parapets quand ils ne sont pas détruits. En amont de Saumane, la route d'accès à l'îlot, une presqu'île sur la rivière, a disparu. « La maison était cernée par les eaux. Le courant tapait contre la porte du garage. J'ai dû tronçonner un arbre sous la pluie pour permettre à l'hélicoptère de se poser dans le jardin et nous emporter ma femme et moi », explique le propriétaire.

Au bout de la vallée, la rue principale de Saint-André-de-Valborgne (700 mm de pluie) est devenue un torrent alimenté par un ruisselet affluent du Gardon. « Une partie de la montagne a glissé en amont et les eaux d'écoulement ont déposé plusieurs dizaines de tonnes de pierres et de boue. C'est un budget de plus d'un million d'euros pour tout remettre en état », se désole Régis Bourrely, le maire, alors que Daniel, retraité piégé par la montée des eaux, ne sait toujours pas comment il a pu sauver sa voiture au plus fort de la crue avec de l'eau à hauteur des portières.

En visite sur place ce dimanche soir, Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, et Barbara Pompili, ministre de l'Ecologie, ont promis un classement rapide en catastrophe naturelle alors que les dégâts constatés sont qualifiés de colossaux.

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