«On improvisera» : vacances prolongées ou non, école à la maison… les parents dans le flou

Alors que la piste d’un prolongement des congés couplée à des cours à distance est étudiée en cas de rebond de l’épidémie de Covid-19, les familles s’inquiètent de l’organisation à venir pour la garde de leur enfant.

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 Des parents envisagent déjà d’«improviser» en cas de fermeture des écoles à la rentrée des vacances de février.
Des parents envisagent déjà d’«improviser» en cas de fermeture des écoles à la rentrée des vacances de février. LP/Arnaud Dumontier

Rien que d'évoquer le sujet, Erwann monte dans les tours. « Ce n'est pas du tout confortable d'être autant dans le flou. Moi je suis plutôt pro-Macron, mais sur cette question des vacances, il faut donner de la visibilité, on navigue à vue! Résultat : on va improviser et tordre nos emplois du temps professionnels… »

Ce notaire de 35 ans, père de trois enfants scolarisés en Seine-et-Marne, guette les informations tous les jours, à la recherche de « l'annonce » : lui et sa compagne devront-ils prendre en charge leurs deux enfants scolarisés en primaire à l'issue des vacances, qui démarrent pour la zone C le 13 février? Pour l'instant, le gouvernement n'a pas tranché, et Jean-Michel Blanquer est contre la prolongation des vacances — tout en disant que le scénario « existe » en cas de rebond de l'épidémie de Covid-19.

Le recours aux grands-parents

« Pour les collégiens à partir de la 4e ou 3e ainsi que les lycéens, ce n'est pas vraiment un souci : ils se gèrent tout seuls, ou presque. Mais un gamin de primaire n'est pas autonome, d'autant plus s'il faut l'aider pour l'école en distanciel », analyse le notaire. Qui, ne pouvant télétravailler, n'aura pas le choix que de poser des jours de congé et alterner avec sa compagne. « Ce sera un jour elle, un jour moi. Mais combien de temps cela pourrait durer? Les RTT ne sont pas extensibles », râle encore Erwann.

Même problématique chez Adèle et Benoît, un couple de Seine-et-Marne, qui compte recourir aux grands-parents pour s'occuper de leur fille de 4 ans en cas de fermeture des écoles. « On leur a déjà demandé de sanctuariser les semaines suivant les congés de février, voire jusqu'à début mars… au cas où », expliquent-ils. Papi et mamie, c'est aussi l'ultime recours d'Erwann, mais à regret. « Je n'aurai pas du tout le choix, faute de RTT. Mais mon père a 75 ans, alors si mon fils ou ma fille lui transmettent le virus, je m'en voudrais toute ma vie. »

Pour Alixe Rivière, délégué FCPE des parents d'élèves en Seine-Saint-Denis, l'autre angoisse est de revenir à l'enseignement en distanciel - une pratique dans laquelle la France n'est pas un exemple. « On a beau avoir l'expérience du premier confinement, il y a toujours d'énormes carences numériques », clame-t-elle. Citant l'exemple d'un lycée de Pantin en semi-distanciel ou, à cause de la connexion insuffisante, un prof a récemment mis… dix minutes à faire l'appel de sa classe par écran interposé. « Si vous mettez à nouveau tous les jeunes en distanciel, c'est une catastrophe », dit encore Alixe Rivière, déplorant que ce puisse être « une ou deux semaines de perdues » et que « les programmes ne pourront jamais être finis ».