«On en a ras-le-bol» : à Nice, les habitants redoutent un nouveau confinement

La décision d’un éventuel durcissement local du couvre-feu ou d’un confinement partiel (ou pas) n’était toujours pas connue ce dimanche soir. Mais les habitants et les touristes ne se faisaient guère d’illusions…

 A quelques minutes du couvre-feu, des Niçois et des touristes profitaient du coucher de soleil sur le quai des Etats-Unis, qui prolonge la Promenade des Anglais.
A quelques minutes du couvre-feu, des Niçois et des touristes profitaient du coucher de soleil sur le quai des Etats-Unis, qui prolonge la Promenade des Anglais. LP/Matthias Galante

En cette fin journée, le soleil qui baigne d'un rose tendre la Promenade des Anglais ferait presque oublier les indicateurs de l'épidémie qui, eux, ont viré au rouge écarlate, voire au noir. « Situation sanitaire catastrophique au niveau départemental : 17 nouvelles hospitalisations depuis ce matin. Réanimation proche de la saturation, déprogrammations d'opérations lourdes au CHU de Nice », a tweeté ce dimanche une heure avant le couvre-feu le maire de la ville, Christian Estrosi.

Mais dehors, l'ambiance est détendue et il y a foule sur le bord de mer. Des gens dansent à proximité d'un bar, verre à la main. La menace d'un confinement local n'est pas confirmée ce dimanche soir alors ici, on fait presque comme si de rien n'était.

Assis sur un muret, Katina, Dylan et Léo, âgés de 23 à 27 ans, prennent l'apéritif, des boissons achetées à emporter, en regardant du coin de l'œil les danseurs du jour. Les nouvelles mesures à venir ? Ça ne les enchante guère, disent-ils, en remettant leurs masques sur le nez alors que débarquent une dizaine de policiers municipaux pour mettre fin au bal improvisé.

«Faisons un vrai confinement et qu'on en finisse»

« On va encore prendre 10 kg si on reste chez nous, plaisante la jeune femme. Il faut arrêter les demi-mesures. Faisons un vrai confinement et qu'on en finisse. Et puis pourquoi ce ne sont pas les jeunes qui ont été vaccinés ? Les anciens ne sortent pas, ce ne sont pas eux qui se contaminent en premier ! »

Leur protection bien ajustée au visage, Lucas et Caroline arrivent juste de Chartres (Eure-et-Loir). Pas de chance. « On avait réservé, il y a une dizaine de jours et on n'a pas annulé. On fait attention, il ne faudrait pas qu'on ramène le virus chez nous… » La Promenade des Anglais se vide. Laurina, une étudiante de 20 ans en licence sociale et économique, accélère le pas.

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La perspective d'un confinement local pour les deux prochains week-ends, une piste évoquée dans la matinée par le maire d'Antibes Jean Leonetti, l'effraie. « C'est un vrai coup au moral même si je me doute qu'il faut faire quelque chose, confie-t-elle. J'en ai ras-le-bol. On n'a déjà pas de cours en présentiel. Pour sortir un peu et se retrouver, on brave le couvre-feu parfois, mais le week-end c'était notre moment de liberté. »

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Ce n'est pas l'avis du retraité Alain, 72 ans qui termine sa petite marche effectuée « un jour sur deux ». « La liberté, mes petits-enfants en ont bien profité en allant à Monaco où les bars et restaurants étaient ouverts, ironise-t-il. Je ne suis pas contre un durcissement. Il faut renforcer la sécurité sanitaire pour tous. »