Normandie : l’ancien patron du bar-tabac lègue tous ses biens à sa commune

Le village de Virandeville (Manche) va hériter d’une maison et de deux terrains en partie constructibles. Un cadeau estimé à plusieurs centaines de milliers d'euros.

 L’ex-patron du bar-tabac de Virandeville avait décidé  en 2020 de faire de la commune le légataire universel de tout son patrimoine. (Illustration).
L’ex-patron du bar-tabac de Virandeville avait décidé en 2020 de faire de la commune le légataire universel de tout son patrimoine. (Illustration). LP/Olivier Boitet

C'est évidemment l'événement dont tout le monde parle à Virandeville, un petit village du nord du Cotentin (Manche). Et pour cause… La commune vient d'hériter de tous les biens de l'un de ses habitants, Jean Lehuby, décédé le 28 décembre 2020, à l'âge de 92 ans. « Tout le monde le connaissait. C'était une figure de notre quotidien. Il faut dire qu'il a tenu le bar-tabac du village pendant plus de trente ans, après avoir pris la succession de ses parents ! Nous étions nombreux ici à être très attachés à lui », explique une habitante.

Célibataire, sans enfant, l'homme avait en 2020 décidé de faire de la commune le légataire universel de tout son patrimoine. C'est-à-dire de sa maison et de deux terrains en partie constructibles, pour un total estimé à plusieurs centaines de milliers d'euros.

Un legs représentant 20 % du budget de la commune

« La générosité de son geste ne m'étonne pas du tout de sa part », explique Régis Bigot, le boucher du village. Quant au maire, Yves Henry, il n'a jamais connu une telle situation en quarante ans de mandat. « Ce monsieur m'avait demandé de passer le voir, l'an dernier. Nous nous connaissions très bien. Il a notamment été dans mon conseil municipal pendant près de vingt ans, entre 1971 et 1989 ! Bref, je suis allé chez lui en septembre. Et là, il m'a dit : Je suis au soir de ma vie et je veux donner ma maison et les terrains à la commune où j'ai toujours vécu. Je veux seulement en contrepartie que vous vous engagiez à entretenir ma tombe et celle de mes parents, raconte l'édile. Nous avons tout mis en œuvre pour que ses volontés soient prises en compte. Un notaire est venu à l'automne pour enregistrer son testament. Et malheureusement, il est décédé seulement quelques semaines plus tard, le 28 décembre. »

Concrètement, ces biens, qui représentent tout de même 20 % du budget du village, ne lui reviendront officiellement que d'ici quelques mois. « Il est donc vraiment trop tôt pour savoir ce que nous en ferons. Le conseil municipal commence seulement à y réfléchir. Mais inutile de dire que pour une commune comme la nôtre, c'est loin d'être négligeable », salue l'élu.