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Menus végétariens : les cantines scolaires se mettent vraiment au vert

Depuis un an, la loi oblige à proposer au moins un menu végétarien par semaine aux élèves. D’après Greenpeace, les élus locaux ont joué le jeu en diversifiant le contenu de leurs assiettes.

 Finie la sempiternelle omelette, les menus végétariens ont su aussi se diversifier dans les cantines.
Finie la sempiternelle omelette, les menus végétariens ont su aussi se diversifier dans les cantines. LP/Jean-Baptiste Quentin

En matière d'écologie, Greenpeace a souvent l'habitude de voir le « vert » à moitié vide. Alors, quand l'association délivre des bons points à une loi mise en place par le gouvernement, on tend forcément l'oreille. L'ONG s'est intéressée à l'application de la loi Egalim qui rend obligatoire la présence de menus sans viande ni poisson à la cantine. D'après ses calculs, « 71 % des élèves des écoles maternelles et élémentaires ont droit chaque semaine à un menu végétarien (obligatoire ou optionnel) contre seulement 10 % il y a deux ans ».

Le gouvernement a en effet décidé le 1er novembre 2019 que toutes les cantines scolaires publiques et privées françaises devaient proposer des menus de ce type à titre expérimental pendant deux ans.

«Les choses ont évolué dans le bon sens»

Pour déterminer si les élus locaux ont joué le jeu, Greenpeace a mené une étude auprès de plusieurs milliers de personnes de janvier à mars 2020 dans toute la France. Elle a recueilli pas moins de 8000 contributions relatives aux menus proposés dans les cantines de 2820 villes. Soit un panel représentant 57 % de la population nationale des écoliers et 80 % des villes de plus de 3000 habitants. Sur son site Internet, l'association propose une cartographie des villes proposant au moins une fois par semaine un régime non carné à leurs élèves. « Quelques mois après l'instauration de la loi Egalim, on constate que 73 % des villes appliquent la loi dans les écoles maternelles et élémentaires, souligne Laure Ducos, chargée de campagne Agriculture et Alimentation à Greenpeace France. Ces résultats montrent à quel point les choses ont évolué dans le bon sens ».

L'ONG note par ailleurs que la qualité des assiettes proposées a « positivement » évolué : « Là où quelques années auparavant une majorité d'omelettes était servie, aujourd'hui on observe une diversification des menus avec plus de la moitié qui est composée de protéines végétales (dhal de lentilles coco, couscous végétarien…). Notre enquête montre également que plus du quart des menus végétariens servis contiennent au moins une composante bio. »

Un impact sur les émissions de gaz à effet de serre

Greenpeace estime que proposer au moins une fois par semaine à la cantine des recettes sans viande ni poisson n'est pas du tout anecdotique en matière d'impact écologique. L'association a calculé que si 50 % des élèves choisissaient le menu végé, cela se traduirait par une baisse de 28 à 38 % des émissions de gaz à effet de serre, soit une économie de 1600 à 2160 vols complets aller/retours Paris-New York ! Et si, comme le prévoit la loi Egalim, les collectivités proposant des menus végétariens introduisaient une part de bio à hauteur de 20 %, alors Greenpeace estime que les effets seraient notables sur la biodiversité.

Les agriculteurs seraient en effet de plus en plus sollicités par les gestionnaires de cantines pour leur fournir des produits estampillés AB. Et cela se traduirait à terme par une « augmentation de 10 % de l'abondance des papillons, abeilles, vers de terre et autres invertébrés sur les surfaces agricoles ».

« Avec douze millions d'élèves concernés et plus d'un milliard de repas servis chaque année de la maternelle au lycée, les cantines constituent un lieu absolument essentiel d'éducation au goût, à la diversité et aux enjeux environnementaux, estime l'association. D'autant que l'alimentation représente 23 % de l'énergie consommée par les Français et un quart de notre empreinte carbone ». Et si vous doutiez encore de l'effet bœuf des menus à base de viande sur la planète, sachez qu'un seul kilo de viande bovine équivaut à une émission d'environ 29 kg de gaz à effet de serre.