Le confinement a légèrement fait baisser le niveau des écoliers

Les résultats des évaluations pratiquées en début d’année scolaire sont tombés ce lundi. Preuve, selon l’Education nationale, qu’«on ne peut pas remplacer l’école en présentiel pour des savoirs aussi fondamentaux que la lecture et l’écriture».

 «La génération qui a connu le confinement est arrivée au CP avec des acquis en retrait par rapport à la génération précédente», explique-t-on à l’Education nationale. (Illustration)
«La génération qui a connu le confinement est arrivée au CP avec des acquis en retrait par rapport à la génération précédente», explique-t-on à l’Education nationale. (Illustration) Le Parisien

Quel a été l'effet du confinement sur le niveau scolaire des enfants? Il n'a pas plongé, mais est en léger recul par rapport à l'an dernier chez les écoliers qui ont subi l'éloignement des classes de mars à mai lors de la première vague de la pandémie de Covid-19. C'est ce que révèle la publication, ce lundi par le ministère de l'Education, des évaluations nationales menées en septembre auprès de l'ensemble des entrants en CP, en CE1 et en 6e – soit environ 1,4 million d'écoliers et collégiens.

Les résultats montrent « une légère baisse de la part des élèves ayant une maîtrise satisfaisante, quel que soit le domaine évalué », indique la direction de l'étude et de la prospective de l'Education nationale (Depp). Par exemple, les résultats au CP sont en recul de 2 points sur les exercices consistant à « manipuler des syllabes », en français, et de 1,8 point sur la « résolution de problèmes », en mathématiques. « La génération qui a connu le confinement est arrivée au CP avec des acquis en retrait par rapport à la génération précédente », résume Fabienne Rosenwald, la directrice de la Depp.

En CE1, le confinement est venu mettre à terre les résultats positifs qui commençaient à pointer en lecture et en écriture, suite à la réduction du nombre d'élèves en début de scolarité, particulièrement dans les zones d'éducation prioritaire. En mathématiques en revanche, l'étude montre « une relative stabilité » des résultats.

Les inégalités encore creusées

Les évaluations attestent par ailleurs que les inégalités de niveau se sont encore creusées, entre les écoles de l'éducation prioritaire et celles plus favorisées, particulièrement sur certains types d'exercices comme la lecture à voix haute. Preuve, estime Edouard Geffray, le numéro 2 de l'Education nationale, qu'« on ne peut pas remplacer l'école en présentiel pour des savoirs aussi fondamentaux que la lecture et l'écriture ».

« Les progrès accomplis en 2018-2019 au début de l'école primaire ont été effacés pour l'année 2019-2020 », regrette ainsi Jean-Michel Blanquer, dans un courrier adressé aux enseignants, présentant les résultats. Et le ministre, de profiter de l'occasion pour réaffirmer la nécessité de « la présence des enfants toute l'année » à l'école, alors que l'inquiétude grandit autour de la perspective d'un éventuel retour de l'enseignement à distance, en pleine deuxième vague épidémique.

Du mieux au collège

Les tests à l'entrée en 6e, en revanche, montrent des résultats en hausse de 6 points en français, de 4 points en mathématiques, dans la lignée des années précédentes. La preuve que l'enseignement à distance, ainsi que le suivi par les parents, a été plus efficace pour ces enfants un peu plus grands ? Au ministère de l'Education, on met davantage en avant le fait que les exercices portaient sur l'ensemble des acquis des élèves au primaire, « sur 8 années », relève Fabienne Rosenwald, diluant ainsi les effets éventuels du confinement.

Même en hausse, du reste, le niveau des enfants en 6e reste préoccupant, avec « un pourcentage toujours important d'élèves en difficulté, surtout en mathématiques », note la Depp.

Un test de lecture à haute voix (fluence), réalisé pour la première fois cette année, révèle aussi que 15 % des élèves à l'entrée en 6e possèdent un niveau de lecture égal ou inférieur à celui attendu en fin de CE2. Une lacune grave, car elle a des conséquences pour l'ensemble des matières.