«La peur n’est pas notre religion» : après Conflans, le message de Blanquer au monde enseignant

Le 2 novembre, jour de rentrée scolaire, sera accompagné, dans tous les établissements scolaires, d’« un cadrage strict, puissant » pour rappeler le principe de laïcité et de liberté et « protéger » les enseignants.

 Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer.
Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. LP/Jean-Baptiste Quentin

Instruire les enfants et les protéger, telles sont les missions de l'école. Ce samedi matin, au lendemain du terrible attentat qui a coûté la vie à un professeur, le ministre de l'Education nationale s'est engagé également à protéger les adultes. Dans un message vidéo adressé à « tous les professeurs de France », Jean-Michel Blanquer affirme ce samedi que l'Etat sera aux côtés des enseignants et des personnels de l'Education nationale pour les « protéger ».

« Ce professeur a été assassiné à cause de ce qu'il représentait : la République. Il a été assassiné à cause de ce qu'il incarnait : le savoir au service de l'esprit critique, c'est-à-dire au service de la construction de citoyens libres et éclairés, le cœur de ce que nous faisons quand nous faisons école », a-t-il dit, rappelant combien « l'école est la colonne vertébrale de la République ».

Ajoutant : « Nous tenons comme à la vie à chacune de nos libertés fondamentales, à la liberté d'expression, à la liberté de culte, à la liberté de croire ou de ne pas croire ».

« Le métier le plus essentiel »

« Je serai, et notre pays sera à vos côtés pour vous protéger, vous permettre de faire votre métier qui est le métier le plus essentiel, celui de transmettre à nos enfants les savoirs et les valeurs qui sont notre bien commun », déclare-t-il dans cette vidéo, enregistrée peu avant de recevoir, avec le Premier ministre Jean Castex, les syndicats d'enseignants et de parents à son ministère.

À l'issue de cette rencontre, les syndicats ont salué une réunion qui « a permis de partager l'effroi de la communauté éducative », selon Benoît Teste, secrétaire général du FSU. « L'émotion est très forte », a dit Frédéric Marchand, secrétaire générale d'Unsa Education. « L'objectif est de ne pas céder à la peur qui serait de ne plus chercher à éduquer à la liberté d'expression ».

S'exprimant lui aussi à l'issue de ce rendez-vous, Jean-Michel Blanquer s'est engagé à donner « un cadrage strict, puissant, pour la rentrée » du 2 novembre. « Il y aura une minute de silence, très certainement, ainsi qu'un travail pédagogique et éducatif, un cadrage fort. […] Sur ces sujets il ne doit pas y avoir de flou ». Toutes les consignes seront données « pour qu'il n'y ait pas d'angles morts de la République ». « La peur n'est pas notre religion », a-t-il également affirmé.