La Lune est en train de… rétrécir !

Ce phénomène cause des « tremblements de Lune » à la surface du satellite qui peuvent atteindre une magnitude 5 sur l’échelle de Richter.

 Ce rétrécissement explique les fissures et les chevauchements visibles à la surface du satellite.
Ce rétrécissement explique les fissures et les chevauchements visibles à la surface du satellite. AFP/Laurent Emmanuel

On la croirait volontiers immuable. Mais la Lune rétrécit avec le temps, selon une étude révélée par la Nasa ce lundi. Ce phénomène s'explique par une contraction thermique due à la différence de température entre le cœur encore chaud de la Lune et le froid de l'espace.

Ce rétrécissement explique les fissures et les chevauchements visibles à la surface de notre satellite. « La Lune rétrécit comme un raisin. Mais contrairement à la peau flexible d'un raisin, la surface de la Lune est fragile et se brise », illustre la Nasa sur son site.

Des capteurs déposés il y a 50 ans

Le rétrécissement de la Lune provoque par ailleurs très probablement les « tremblements de Lune ». Ces séismes superficiels sont connus de longue date puisque des capteurs déposés lors des missions Apollo 11, 12, 14, 15 et 16 avaient enregistré 28 séismes de magnitude 2 à 5 sur l'échelle de Richter entre 1969 et 1977.

Thomas Waters, l'auteur à l'origine de la nouvelle étude, a analysé ces données grâce à un algorithme afin de déterminer leur localisation. Il les a ensuite comparées aux fissures photographiées sur la surface de la Lune par la sonde spatiale Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO), qui capture des images du satellite depuis 2009.

« Remarquable »

Il est apparu que les failles et les tremblements de terre se situaient à chaque fois à une distance d'un rayon de 30 kilomètres. Une concordance assez marquée pour attribuer raisonnablement un lien de causalité entre les deux phénomènes.

« Il est remarquable de constater que des données datées d'il y a près de 50 ans ont été combinées à celles de la mission LRO et ont fait avancer notre compréhension de la Lune, allant jusqu'à suggérer où nos prochaines missions devraient aller », se félicite John Keller, un scientifique affecté au projet LRO, cité sur le site de la Nasa.

Mercure, bientôt miniature ?

Le rétrécissement de la Lune reste bien sûr imperceptible. En quelques centaines de millions d'années, notre voisine a perdu environ 50 mètres. Mercure est probablement sujette à un phénomène bien plus marqué : sur sa surface se trouvent des fissures de 1000 kilomètres de long et de trois kilomètres de profondeur. Ces échelles, proportionnellement bien supérieures à celles étudiées sur la Lune, indiquent sans doute que la planète rétrécit davantage que notre satellite.