La ferme des handicapés en sursis dans le Bas-Rhin

Une pétition s’oppose au projet de fermeture d’une institution pour handicapés de Bischwiller.

 La Fondation protestante du Sonnenhof, créée il y a 145 ans en Alsace, abrite une ferme pédagogique qui accueille une vingtaine de personnes handicapées (Illustration).
La Fondation protestante du Sonnenhof, créée il y a 145 ans en Alsace, abrite une ferme pédagogique qui accueille une vingtaine de personnes handicapées (Illustration). LP/Arnaud Journois

« Je reste droite dans mes bottes, et je mènerai ce dossier à son terme », affirme sans sourciller Anne-Caroline Bindou, directrice générale de la Fondation protestante du Sonnenhof, à Bischwiller (Bas-Rhin). Créée il y a 145 ans en Alsace, cette institution compte une ferme pédagogique qui accueille une vingtaine de personnes handicapées. « Nos travailleurs sont lassés des tâches agricoles, et les jeunes ne sont pas intéressés pour prendre la relève », assure Anne-Caroline Bindou. Un constat qui pousse la directrice à présenter un projet de fermeture de la ferme lors d'un conseil d'administration organisé samedi.

Une activité déficitaire ?

Cette décision a déclenché la colère de Sofiane Jung-El Hamlili, client régulier de la ferme et à l'origine d' une pétition qui a recueilli près de 15000 signatures en une semaine. « J'ai échangé avec les travailleurs handicapés et leurs proches. Ils sont sidérés et anéantis par la fermeture du site », témoigne cet habitant d'Haguenau.

Marc Urban, ex-secrétaire général de la Fondation, prétend, quant à lui, que « ces travailleurs ont été mis devant le fait accompli. On leur a expliqué que la ferme allait fermer ses portes et qu'ils devaient se réorienter vers d'autres activités ». Des accusations réfutées par la directrice pour qui l'activité est « déficitaire à hauteur de 200 000 euros chaque année ».

« Nous sommes financés en grande partie par l'agence régionale de santé et la Collectivité européenne d'Alsace (les deux départements alsaciens), je ne peux pas faire n'importe quoi avec l'argent public. » Pour Sofiane Jung-El Hamlili, les motivations sont ailleurs : « Un projet immobilier et l'occasion de vendre les 70 hectares de la ferme. »