L214 met au jour un charnier de cochons dans un élevage des Côtes-d’Armor

L’association de défense du bien-être animal a publié dimanche une nouvelle vidéo de dénonciation d’un élevage animal. Des images «insoutenables» de cochons en putréfaction, non loin de Saint-Brieuc.

Un rat passe pour se nicher dans ce qu'il reste d'un cochon. Autour de lui, des dizaines de cadavres de porcs jonchent le sol d'un élevage abandonné des Côtes-d'Armor, non loin de Saint-Brieuc. L'association de défense des animaux L214 a publié dimanche soir une vidéo de cochons en putréfaction. Des « images insoutenables », des mots mêmes de la Cooperl, la coopérative agricole, leader français de la filière porcine, dont l'éleveur incriminé est membre.

Selon l'association, les faits se sont produits entre août et décembre 2020 et les corps étaient encore « éparpillés dans l'élevage » le 13 janvier. L214, qui décrit « une vision d'horreur », a porté plainte « pour cruauté et abandon d'animaux » et réclame une enquête administrative. En France, la filière porcine fait partie des pires filières animales, se développant « à 98 % en bâtiment fermé », rappelait en novembre Sébastien Arsac, le cofondateur et porte-parole de L214.

« Au vu de l'état des cadavres, de leur disposition et de l'absence de traces de bagarre sur le cuir, le vétérinaire conclut à une mort des porcs qui remonte à environ 8 mois, des suites d'un étouffement brutal dont l'éleveur n'a informé ni la coopérative ni son vétérinaire », ajoute la Cooperl, basée à Lamballe, dans les Côtes-d'Armor également.

Des animaux « morts étouffés »

« Ni les services vétérinaires du département, ni la Cooperl n'ont été capables d'identifier les défaillances de l'éleveur et encore moins de pallier ses carences », regrette L214. La Cooperl précise que ce site d'engraissement a été « fermé physiquement » fin mai 2020 « par l'éleveur à la demande de son vétérinaire ».

« Au vu de la vidéo, les animaux morts étouffés sont restés sur place sans que la coopérative et la société d'équarrissage en soient informées », assure-t-elle.

Dans sa vidéo, L214 précise que l'éleveur est propriétaire d'un autre site porcin sur la même commune. Un « site de naissage dans lequel sont élevés des truies et une partie des porcs », détenu par le même éleveur, a fait l'objet d'« actions correctives » après le signalement d'« animaux en détresse » début septembre, selon la Cooperl.

Le groupement coopératif, qui a réalisé 2,4 milliards d'euros de chiffres d'affaires en 2019, évoque « la fragilité morale et financière de l'éleveur, dont la société est placée en redressement judiciaire ». La « Cooperl continue à accompagner cet éleveur pour l'aider à quitter le métier », précise-t-elle dans un communiqué.

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