L’ancien ministre Guillaume Garot veut créer une «police du gaspillage alimentaire»

Guillaume Garot, ministre délégué à l’Agroalimentaire entre 2012 et 2014, actuel député (PS) de la Mayenne, va déposer une proposition de loi la semaine prochaine afin qu’on jette moins de nourriture.

 Depuis la loi antigaspillage de 2016, les supermarchés n’ont plus le droit de jeter les invendus, « mais il y a trop peu de contrôles » regrette son auteur.
Depuis la loi antigaspillage de 2016, les supermarchés n’ont plus le droit de jeter les invendus, « mais il y a trop peu de contrôles » regrette son auteur.  LP/Olivier Boitet

Il a préparé en 2016 la loi antigaspillage alimentaire qui portait son nom et qui oblige notamment la grande distribution à donner leurs invendus aux associations. Le député (PS) Guillaume Garot, ancien ministre délégué à l'Alimentaire, présentera une nouvelle proposition à l'Assemblée nationale la semaine prochaine.

Ne peut-on pas interdire la date de durabilité minimale ?

GUILLAUME GAROT. Tout dépend des produits. Aujourd'hui le sucre, le sel, le vinaigre ne portent pas de date de durabilité minimale. Je propose qu'on la supprime aussi sur les pâtes, le riz notamment. Je vais d'ailleurs déposer un projet de proposition de loi la semaine prochaine comme une nouvelle étape après la loi de 2016.

Quelles sont les autres ambitions pour cette nouvelle loi antigaspillage alimentaire ?

Il faudrait placer le consommateur au cœur du combat en rendant obligatoire l'éducation à l'alimentation dans les programmes scolaires notamment. On pourrait aussi expérimenter des dispositifs comme la « prime à l'assiette vide » dans les restos U : un étudiant qui ne se serait pas trop servi au self pourrait se voir offrir une réduction ou un repas gratuit. Ces mesures très simples permettent d'éduquer.

Votre précédente loi n'a donc pas porté ses fruits ?

Si. J'ai réalisé un grand audit sur cette loi l'an passé et elle a déjà largement ouvert les consciences. Mais et c'est le deuxième grand volet de ma proposition, il faudrait sérieusement mesurer et contrôler. Pour mesurer on pourrait notamment rendre obligatoire les pesées des déchets dans la restauration, la restauration collective, la grande distribution… Un des leviers serait d'inscrire obligatoirement l'inventaire sur les invendus dans les rapports de responsabilité sociale des entreprises de la grande distribution. Ma loi de 2016 prévoit des sanctions en cas de non-respect mais il y a trop peu de contrôles, il faudrait les renforcer ! Je propose de créer une « police du gaspillage alimentaire », les agents seraient ceux de la DGCCRF (la répression des fraudes) et du ministère de l'Agriculture mais il faut inscrire clairement ce sujet dans leur lettre de mission.

De nouvelles incitations financières sont-elles prévues ?

Je propose un fonds de 50 millions d'euros pour aider 1 000 projets. Par exemple quand il faut aider une association de solidarité à acheter un petit camion frigorifique pour récupérer les invendus ou à imprimer un guide pratique contre le gaspillage…