Intempéries : pourquoi Météo France déclenche de plus en plus la vigilance rouge

Pour la quatrième fois de l’année, des départements ont été placés en vigilance rouge ce jeudi soir. Une alerte maximale qui revient de plus en plus. Ce n’est pourtant pas dû à un excès de précaution de Météo France. Explications.

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Illustration. Ces dernières années, le nombre de vigilances rouges émises par Météo France sont en augmentation.
Illustration. Ces dernières années, le nombre de vigilances rouges émises par Météo France sont en augmentation. LP/ Arnaud Journois

Du mimosa gelé des feuilles aux boutons, des toits blanchis, et des routes qui scintillent, recouvertes par un centimètre de glace. Parfois très esthétiques côté face, les épisodes de grand froid comme celui de cette semaine sont aussi redoutablement dangereux, côté pile. Et après la canicule, les avalanches, les orages, les vents violents, les inondations, les vagues-submersion, la neige, c’est au tour du verglas d’avoir été la cause du placement en vigilance rouge de quatre départements (la Vendée, les Deux-Sèvres, l’Indre et la Vienne) ce jeudi soir et vendredi matin.

Si les spécialistes des conditions climatiques avaient déjà placé plusieurs fois des départements en alerte orange pour ces risques de glissade, c’est la première fois, depuis la création des vigilances de couleurs en 2001, que Météo France utilise la vigilance rouge pour du verglas. Ce dispositif de couleur, qui signale un danger exceptionnel, avait été créé après les deux tempêtes dévastatrices de la fin d’année 1999.

Apparition de nouvelles alertes et changements climatiques

Et force est de constater que la carte de France de Météo France se colore, d’année en année, de plus en plus en rouge. Selon les chiffres de Météo France, ce sont en moyenne 7 vigilances rouges qui ont été activées chaque année sur la dernière décennie. Beaucoup plus que la décennie précédente. Et cette année 2021 ne semble pas déroger à la règle. En comptant l’alerte neige verglas de ce jeudi soir, c’est déjà la quatrième fois qu’au moins un département est placé en rouge. Et nous ne sommes qu’à mi-février !

infographie alerte meteo

Intempéries : pourquoi Météo France déclenche de plus en plus la vigilance rouge

Pour trouver les raisons à cette hausse, il faut se tourner d’abord vers les critères de vigilance. Depuis 2011, Météo France a ajouté à son panel d’alertes deux nouveaux phénomènes : les inondations, en lien direct avec Vigicrues, et les vagues-submersion. « On voit que les deux tiers des alertes d’une année sont dues aux crues et pluies inondations, fait ainsi remarquer Michel Lambert, adjoint au directeur du département prévisions générales de Météo France. De plus, ces phénomènes sont plus visibles dans les vigilances car ils s’étendent sur plusieurs jours. »

Mais ce n’est pas tout : la météo - et sans doute le changement climatique - y est aussi pour quelque chose. « Il ne faut pas oublier que l’on a battu des records de chaleur ces dernières années. Mais aussi qu’une canicule, c’est rapidement plusieurs jours d’alerte », poursuit le spécialiste.

« Météo France ne crie pas au loup à tort et à travers »

Ainsi, selon les bilans annuels, en moyenne, en 2020, chaque département aura été concerné par cinq épisodes de vigilance forte (orange ou rouge). C’était huit en 2019 et dix en 2018, avec deux étés très chauds sur tout le pays. Si l’on s’intéresse aux raisons de ces vigilances, on constate que les autres phénomènes (hors crues et canicules) reviennent de manière régulière.

Météo France en fait il trop ? L’établissement public se défend de tout abus dans sa mise en alerte des populations et des autorités. « Nous ne crions pas au loup à tort et à travers, sinon nous perdrions de la crédibilité », assure Michel Lambert, preuves à l’appui.

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Chaque année, l’organisme est évalué par toute une série d’acteurs parmi lesquels on retrouve les membres de la Sécurité Civile, les agents des directions des routes ou encore les hydrologues. Ils calculent ainsi un taux de fausses alarmes, c’est-à-dire de niveaux de vigilance jugés a posteriori injustifiés, parce que le risque ne se serait pas produit, ou en tout cas pas dans les proportions anticipées. Et ce taux est évalué à 10 % pour l’année 2020, l’un des résultats les plus bas de ces cinq dernières années.

A contrario, lorsque des conséquences significatives sont constatées dans un département non placé en vigilance orange, Météo France voit son autre taux d’évaluation, appelé taux de non-détection, augmenter. Il était de 1,4 % en 2019.