Handicap : le chien Ozzi et Caroline, lycéens exemplaires

Malgré un handicap aux bras, Caroline Bec suit une scolarité normale, épaulée par son golden Ozzi, à Castres. Grâce à l’association Handi’chiens, elle pourra suivre avec lui ses études supérieures à Toulouse.

 Lycée de la Borde-Basse, Castres (Tarn), jeudi. Caroline, handicapée depuis la naissance par une malformation des bras et des mains, est en cours d’histoire-géographie et Ozzi (à gauche), qui l’a aidée à s’installer, patiente derrière elle.
Lycée de la Borde-Basse, Castres (Tarn), jeudi. Caroline, handicapée depuis la naissance par une malformation des bras et des mains, est en cours d’histoire-géographie et Ozzi (à gauche), qui l’a aidée à s’installer, patiente derrière elle. LP/Rémy Gabalda

« Ozzi est très sage en classe et m'aide beaucoup, notamment pour défaire mes chaussures pour que je puisse écrire avec les pieds », confie Caroline Bec, lycéenne en 1re générale au lycée de la Borde-Basse à Castres (Tarn). C'est un drôle d'élève à quatre pattes qu'accueille depuis mi-décembre cet établissement situé au bord d'un lac…

Ici, les quelque 2000 lycéens croisent tous les jours Ozzi, beau golden retriever de 2 ans, nouveau compagnon d'assistance confié par l' association Handi'chiens à Caroline, jeune fille de 17 ans, handicapée depuis la naissance d'une malformation des bras et des mains. Si la lycéenne est épaulée par une AESH (accompagnante d'élève en situation de handicap) qui l'aide à porter son sac et organise l'intendance des cours, elle peut désormais également compter sur son chien Ozzi pour lui faciliter la vie quotidienne.

Il dézippe les chaussures de sa maîtresse

Une fois Caroline installée sur un fauteuil surélevé qui lui est réservé en classe, Ozzi entre en action pour dézipper les chaussures de sa maîtresse en tirant sur un ingénieux scoubidou. Jeudi matin, en cours d'histoire-géographie, le temps que Caroline réalise à l'aide de ses pieds son interrogation écrite sur la géopolitique, Ozzi patiente calmement derrière elle, couché sur sa couverture.

« J'ai toujours suivi une scolarité normale, raconte cette pétillante jeune fille qui veut devenir avocate en entreprise. Et je ne devais récupérer Ozzi qu'en vue de mes études supérieures dans un an et demi à Toulouse. Mais, comme il était prêt et dressé dès cette année, nous l'avons accueilli plus tôt, dès fin novembre, à la maison. C'est apaisant pour moi de l'avoir et je trouve que cela apaise même toute la classe ! »

Capable d'ouvrir les portes à sa maîtresse dans les couloirs, le chien s'est vite adapté à son environnement scolaire. Le proviseur du lycée la Borde-Basse a facilité cette intégration, expliquant aux autres élèves la conduite à tenir. « Caroline est une jeune fille hors norme, quelqu'un d'extraordinaire ; donc, nous avons tout de suite accepté sa demande, assure Fabrice de Barros, le proviseur. Nous avons juste expliqué aux élèves qu'il ne faut pas caresser Ozzi car il travaille et, aujourd'hui, il est un peu devenu une mascotte. »

Une intégration en douceur

C'est à Blois (Loir-et-Cher) que la famille de Caroline a récupéré le golden retriever, après une semaine de stage. Le lycée n'accueillant les élèves qu'une semaine sur deux à cause de la crise sanitaire, l'intégration d'Ozzi s'est faite en douceur. « Un lien s'est rapidement créé entre le chien et Caroline et le dressage de l'association a été primordial, explique Marie-Pierre Bec, sa mère. Le handicap de ma fille ne se voit pas : si elle monte dans un bus, les gens ne vont pas lui laisser une place assise. Ozzi facilite son quotidien. Il est capable d'aboyer en cas d'agression et bientôt de faire passer une carte bancaire pour qu'elle paye chez les commerçants. C'est toujours une inquiétude d'avoir un enfant handicapé mais, pour nous, c'est la joie qui prime, car Caroline a toujours été facile et indépendante. »

L'an prochain, Caroline passera son bac, comme n'importe quelle lycéenne, grâce à son compagnon à quatre pattes.