Grippe saisonnière : la campagne de vaccination démarre ce mardi

Cette année, la vaccination contre la grippe revêt une importance particulière en raison de la circulation conjointe des virus grippaux et du Covid-19.

 Près de 16 millions de personnes à risque sont destinataires d’un bon de prise en charge du vaccin, envoyé par l’Assurance maladie. (Illustration)
Près de 16 millions de personnes à risque sont destinataires d’un bon de prise en charge du vaccin, envoyé par l’Assurance maladie. (Illustration) LP/Fred Dugit

La campagne de vaccination contre la grippe saisonnière débute ce mardi pour se poursuivre jusqu'au 31 janvier. Chaque année, la grippe saisonnière touche en France chaque hiver entre 2 et 6 millions de personnes, et elle est responsable de 8 000 à 14 500 décès au cours des trois dernières saisons grippales.

Cette campagne de vaccination qui débute ce mardi va avoir une importance particulière avec la circulation simultanée du coronavirus. L'objectif des autorités de santé est « d'approcher les 75 % de couverture » pour la vaccination contre la grippe.

Selon la revue médicale BMJ, dans les cas de co-infections observés dans plusieurs pays, le risque de décès a plus que doublé.

La Haute autorité de santé (HAS) dans son avis du 20 mai 2020 insiste sur la nécessité de vacciner en priorité les personnes éligibles à la vaccination mais aussi celles à risque d'infection grave à la Covid-19.

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Comme pour la Covid-19, la Haute autorité de santé recommande aussi de respecter les gestes barrière pour limiter aussi la propagation du virus de la grippe.

Les personnes à risque vaccinées en priorité

Concrètement, les personnes âgées de 65 ans et plus, les personnes de moins de 65 ans souffrant de certaines maladies chroniques, les femmes enceintes, les personnes souffrant d'obésité ou encore les personnes de l'entourage des nourrissons mais aussi les professionnels de santé et des établissements médico-sociaux sont appelés à se faire vacciner.

En pratique, le ministère de la Santé recommande à ces personnes d'aller se faire vacciner dans les deux premiers mois de cette campagne. Dans une lettre du 20 août adressée à l'Ordre national des pharmaciens, la direction générale de la santé (DGS, dépendant du ministère) leur demande de réserver les vaccins contre la grippe aux seules populations à risque ciblées par les recommandations vaccinales, a minima jusqu'au 30 novembre. Ce calendrier a pour but d'éviter le risque d'une rupture des stocks de vaccins dans les premiers jours de la campagne.

Au total, près de 16 millions de personnes à risque sont destinataires d'un bon de prise en charge du vaccin, envoyés par l'Assurance maladie. En outre, 316 060 professionnels de santé libéraux en sont également bénéficiaires.

Chez le médecin, à la pharmacie, auprès d'une infirmière

Pour les autres, selon Olivier Véran, le ministre de la Santé, « quelqu'un en pleine santé qui se ferait vacciner en octobre contre la grippe n'aurait pas de protection avérée contre le virus qu'il contracterait au mois de janvier », a-t-il estimé.

Une fois le bon de prise en charge, les personnes peuvent retirer directement leur vaccin chez le pharmacien et se faire vacciner par le professionnel de leur choix : médecin, sage-femme (pour les femmes enceintes et l'entourage du nourrisson), infirmier ou pharmacien volontaire (sans prescription médicale préalable) sur l'ensemble du territoire cette année.

L'injection du vaccin est prise en charge dans les conditions habituelles. Elle est prise en charge à 100 % pour les patients bénéficiant d'une affection de longue durée (ALD) pour lesquelles le vaccin est recommandé ou au titre de l'assurance maternité.

Les laboratoires pharmaceutiques ont augmenté de 20 % leur production

Cette année, deux types de vaccins sont proposés conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, et les laboratoires pharmaceutiques ont augmenté de 20 % leur production pour répondre à la demande.

Selon le ministère de la Santé, un surplus de vaccins contre la grippe a été commandé cette année. « Pour la première fois, en plus des commandes des officines, nous avons procédé à des sécurisations de commandes d'État et nous avons 30 % de doses de vaccins en plus que les années précédentes », a affirmé Olivier Véran lors d'une audition au Sénat le 24 septembre.