Généalogie : nos conseils avant de partir sur les traces de vos ancêtres

Si vous avez toujours eu envie de retrouver vos lointains parents, le confinement est le moment idéal pour vous lancer dans le grand bain de la généalogie. Les bons conseils pour débuter.

 Si aujourd’hui Internet facilite la tâche des généalogistes amateurs, les registres paroissiaux, les archives militaires ou fiscales… peuvent également fournir des informations capitales.
Si aujourd’hui Internet facilite la tâche des généalogistes amateurs, les registres paroissiaux, les archives militaires ou fiscales… peuvent également fournir des informations capitales.  LP/Olivier Boitet

Qui n'a jamais rêvé de se découvrir du sang royal, d'être parent avec un illustre écrivain, de retrouver un richissime oncle d'Amérique ou, plus simplement, de retrouver des cousins éloignés? Pas grand monde apparemment. Selon la Fédération française de généalogie, pas moins de 5 millions de Français s'adonneraient, avec plus ou moins de constance, à la recherche de leurs ancêtres. Une vraie passion française, juste derrière le bricolage et le jardinage, et qui touche désormais toutes les tranches d'âge. Et qui, de surcroît, est essentiellement gratuit.

Mais du rêve à la réalité, il y a… des heures et des heures de recherches, passées le plus souvent devant son écran d'ordinateur. Ça tombe bien : le confinement a drastiquement réduit les sorties comme les retrouvailles entre amis. Certains n'ont d'ailleurs pas attendu qu'on leur souffle l'idée : le site de Geneanet, l'un des deux principaux pourvoyeurs d'informations, a connu une fréquentation de + 200 % en avril dernier. Seulement voilà : le novice, devant l'ampleur de la tâche, se pose forcément des tas de questions pour commencer à construire son arbre. Eléments de réponses avec l'aide d'un expert.

Démarrez en famille

Inutile dans un premier temps de vous précipiter sur Internet. Vous pourriez vous y perdre… « Il faut commencer très simplement par interroger votre entourage familial : vos parents, les frères et sœurs, les cousins, vos grands-parents… Simplement en parlant avec votre grand-mère, vous pouvez souvent remonter jusqu'à la fin du XIXe siècle. En cette période, c'est plutôt bien : cela permet de garder du lien entre les générations », estime Christophe Becker, le directeur de Geneanet. En ce qui concerne les contemporains, n'hésitez pas à vous servir des réseaux sociaux pour contacter des homonymes des branches familiales. Seule règle à respecter : « Si vous citez quelqu'un de vivant, il faut son consentement. Pour les morts, il n'y a pas d'obligation », précise le directeur du site.

Soyez rigoureux et ordonné

Auprès de vos proches, il faut penser à récupérer dès le départ tous les documents à disposition : livrets de famille, acte de décès et même les photos de famille où les noms sont parfois marqués. « Il faut tout noter, scanner, classer tout de suite. Se faire des dossiers sur son ordinateur. Dans chaque document, il peut y avoir une information importante pour avancer. C'est une bonne habitude à prendre dès le début pour s'y retrouver plus tard », conseille Christophe Becker.

Profitez des archives numérisées

Internet a grandement facilité la tâche des généalogistes amateurs. « On peut quasiment tout faire en ligne aujourd'hui sans se déplacer », confirme Christophe Becker. Munis de l'esquisse de vos racines, à vous de creuser. « En partant des localisations que vous avez repérées, consultez les archives départementales en ligne. Vous pouvez aussi trouver plein d'autres archives importantes, comme les registres paroissiaux, les archives militaires ou fiscales, celles des notaires. Il faut aussi penser à la presse locale, disponible sur le site de la BNF Gallica. Tout cela est globalement accessible. Les lieux sont très importants : quand vous avez un nom de commune, chercher au même endroit ou autour : avant le XXe siècle, nos ancêtres ne bougeaient pas beaucoup ».

Faites appel à la communauté

Il existe une fédération nationale de généalogie et plein d'associations locales, souvent joignables par Internet. Les principaux sites français, Geneanet ou Filae, ou internationaux, Ancestry ou Familysearch, sont pour l'essentiel participatifs. « Sur Geneanet, il y a 1,2 million d'arbres partagés et 5 milliards de données. Et presque tout est gratuit. D'ailleurs, avant de payer et pour commencer la généalogie, je conseille d'user et d'abuser du gratuit. Il ne faut s'abonner en payant que si vraiment on a besoin de recherches très poussées », n'hésite pas à préconiser le directeur du site.

Ne pas se décourager

Construire un arbre généalogique peut être long, très long, en fonction aussi de ses attentes. « On peut remonter facilement jusqu'à la Révolution. Après cela peut se compliquer, notamment en raison de la destruction de certaines archives, prévient Christophe Becker. Mais si on se retrouve bloqué, on peut très bien partir sur une autre branche de la famille. Ou encore, ce qui est moins répandu en France, creuser autour d'un personnage, faire du storytelling. J'ai par exemple retrouvé, il y a deux ans seulement, des carnets de mon grand-père sur son quotidien pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est passionnant. »