Fronde des restaurateurs, colère des élus… Olivier Véran en terrain miné à Marseille

Le ministre de la Santé a rencontré ce vendredi après-midi les hospitaliers de la cité phocéenne pour démontrer l’utilité des mesures drastiques comme la fermeture des bars et restaurants afin de contrer l’épidémie de Covid.

 Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a notamment rencontré des agents de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), ce vendredi.
Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a notamment rencontré des agents de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), ce vendredi. AFP

Des cafetiers et restaurateurs qui avaient déjà manifesté plus tôt dans la matinée par centaines devant les grilles d'entrée de l'hôpital de La Timone et des agents de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) demandant « des moyens » à l'intérieur… le ministre de la Santé était attendu par deux comités d'accueil vendredi après-midi lors de sa visite à Marseille (Bouches-du-Rhône).

Si la fronde se poursuit chez les élus locaux et les cafetiers et restaurateurs qui vont devoir tirer leur rideau pour quinze jours à partir de ce dimanche soir à minuit, avec toutefois « une clause de revoyure » dans une semaine pour faire le point, Olivier Véran est venu chercher le soutien des hospitaliers, en s'affichant à leurs côtés après avoir visité un service de réanimation déjà proche de l'engorgement.

VIDÉO. A Marseille, des restaurateurs révoltés et « à bout » manifestent

Alors qu'une dizaine de camions de CRS étaient garés devant l'IHU du professeur Didier Raoult voisin, Olivier Véran a martelé en présence de l'épidémiologiste et membre du conseil scientifique Arnaud Fontanet que « ces mesures sont nécessaires, elles sont temporaires, mais elles ne sont pas arbitraires ».

«Mon seul objectif est de protéger les Marseillais»

« Mon seul objectif est de protéger les Marseillais. La situation épidémiologique demeure inquiétante. Le nombre de malades Covid et de réanimations va augmenter dans les prochaines semaines », a solennisé le ministre qui s'est présenté comme fils et petit-fils de Marseillais en niant tout régime spécial pour la ville. « Il y a d'autres métropoles, d'autres départements, où la pression épidémique continue d'augmenter ce qui pourrait nous conduire à appliquer le même type de mesure ».

« L'amélioration, on ne la voit pas venir en réanimation », confirme le professeur Lionel Velly. « Sans la parfaite collaboration entre public et privé, on en serait déjà la catastrophe ».

Des arguments sanitaires qui ont manifestement du mal à passer : l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) des Bouches-du-Rhône et les autres organisations professionnelles invitées à rencontrer le secrétaire d'Etat aux PME Alain Griset à la préfecture pour évoquer les mesures d'accompagnement ont claqué la porte. Certains restaurateurs menacent désormais de ne pas respecter l'interdiction et plusieurs maires du département ont demandé à leur police municipale de ne pas intervenir.

Le président LR de la région Paca Renaud Muselier a confirmé de son côté qu'il attaquerait en justice l'arrêté préfectoral dès sa publication. Même les députés LREM des Bouches-du-Rhône ont signé une lettre pour alerter sur un « climat de défiance ».