Finistère : dans les écoles, des boîtes aux lettres contre les violences infantiles

Ces dispositifs permettent de libérer la parole des jeunes victimes. Une première école, à Quimper, vient d’en être équipée.

 Quimper (Finistère), lundi. La maire Isabelle Assih (à gauche) soutient ces boîtes aux lettres (au centre) à l’initiative de Mickaël Lamouche (à droite).
Quimper (Finistère), lundi. La maire Isabelle Assih (à gauche) soutient ces boîtes aux lettres (au centre) à l’initiative de Mickaël Lamouche (à droite). LP/Nora Moreau

Le sujet de la maltraitance infantile est souvent très difficile à aborder. Les Papillons, jeune association nationale, a trouvé un moyen efficace de briser la loi du silence par le biais d'un dispositif simple et pourtant innovant : de petites boîtes aux lettres, installées à hauteur d'enfants, au sein des écoles. La première du Grand Ouest à en avoir bénéficié, c'est l'école Diwan de Quimper (Finistère).

« Cela fait environ 15 jours qu'elle est là, raconte Keven Ar Fur, le directeur. Lors de la pose de la boîte, les bénévoles de l'association sont venus intervenir durant une heure dans chaque classe, du CP au CM2. On a pu évoquer sans fard ce qu'étaient les mauvais traitements, et l'importance de ne pas se taire. »

De la fessée aux attouchements sexuels jusqu'à l'évocation du viol, en passant aussi par les violences psychologiques, verbales, les Papillons abordent le sujet avec délicatesse, mais de façon frontale. « A notre grand étonnement, cela passe bien auprès des enfants. Il n'y a pas eu de gêne ou de malaise. »

À l'origine de cette initiative, un bénévole de la première heure, Mickaël Lamouche, fonctionnaire de police et papa d'un petit garçon scolarisé à Diwan : « Les mots récoltés avec l'école sont transmis à notre président, et une prise en charge par des psychologues ou des travailleurs sociaux peut être envisagée. Si c'est plus grave, on va contacter le 119, le parquet et les autorités… »

Isabelle Assih, maire de Quimper, psychologue scolaire de métier, est également investie. « Il y a désormais plusieurs boîtes d'installées, et nous comptons développer ce projet, notamment pour l'obtention du label ville amie des enfants ». Plusieurs autres villes bretonnes devraient également adhérer sous peu.