Fin de vie : Alain Cocq cesse pour la deuxième fois sa grève des soins et de la faim

Alors que la sédation profonde lui a été refusée, Alain Cocq atteint d’une maladie orpheline très douloureuse a cessé pour la deuxième sa grève des soins, tant la souffrance est insupportable.

 Alain Cocq, 57 ans, voulait se laisser mourir en faisant une grève de la faim et des soins. Mais sa seconde tentative a été avortée tant la souffrance était grande à l’arrêt des soins.
Alain Cocq, 57 ans, voulait se laisser mourir en faisant une grève de la faim et des soins. Mais sa seconde tentative a été avortée tant la souffrance était grande à l’arrêt des soins.  REUTERS/Gonzalo Fuentes.

Il n'a pas supporté les souffrances qui se font de plus en plus vives quand le traitement s'arrête. Alain Cocq, 57 ans, militant de la fin de vie « digne » atteint d'une maladie incurable, a cessé la deuxième grève de la faim et des soins qu'il avait commencée lundi, après une brève hospitalisation, ont annoncé vendredi des associations.

« Comme la première fois, il a été hospitalisé à sa demande et a repris son traitement, l'alimentation et l'hydratation », a indiqué à François Lambert, président de l'association article 10 en lien régulier avec le malade.

« Comme la première fois, il n'a pas supporté » les souffrances qui s'accentuent quand cesse le traitement, a expliqué Jean-Luc Romero-Michel, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), qui est également en contact avec Alain Cocq.

Début septembre, Alain Cocq avait déjà cessé une première grève des soins et de la faim, qu'il avait débutée trois jours auparavant, évoquant des « douleurs insupportables » qui l'avaient convaincu de demander son hospitalisation.

Une maladie orpheline très douloureuse

« Mon état de santé se dégrade rapidement », a indiqué Alain Cocq dans un bref texto à l'AFP, précisant être actuellement de retour chez lui, à Dijon, dans son lit médicalisé. « Son état est très altéré. Il est très fatigué, très affaibli », ajoute François Lambert, neveu de Vincent Lambert, un infirmier en état végétatif décédé en juillet 2019 après une sédation profonde contestée par une partie de la famille.

Alain Cocq, qui souffre d'une maladie orpheline très douloureuse, avait commencé, lundi, sa deuxième grève des soins et de la faim en assurant vouloir cette fois aller « jusqu'au bout » alors que, lors de la première grève début septembre, son hospitalisation avait provoqué la reprise de ses soins et de son alimentation.

La sédation profonde lui a été refusée

Pour que cela ne se reproduise pas, il s'était fait aider de François Lambert, avocat, pour rédiger ses dernières volontés qui signifiaient que, même s'il demandait son hospitalisation, « cela ne voulait pas dire » qu'il « voulait vivre » mais qu'il voulait « bénéficier d'une sédation profonde et continue ».

« Mais l'hôpital ne lui a pas proposé de sédation profonde », a expliqué François Lambert. Souffrant d'une « conscience altérée », Alain Cocq n'était pas non plus en mesure de la demander.

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Alain Cocq, 57 ans, estime ne plus avoir une vie « digne » en raison d'une maladie très douloureuse qui le cloue au lit. Il avait demandé en vain en août au président de la République Emmanuel Macron d'autoriser, à titre compassionnel, le corps médical à lui prescrire du pentobarbital, un barbiturique puissant qui lui aurait permis de « partir en paix ».

Le président avait refusé, disant « ne pas pouvoir demander à quiconque d'outrepasser notre cadre légal actuel ».