Faut-il fuir les médicaments sans ordonnance et les compléments alimentaires ?

Le magazine 60 Millions de consommateurs a « passé au crible » quelque 132 médicaments et compléments alimentaires. Moins de 15 % seraient à « conseiller ».

 Le magazine 60 Millions de consommateurs a étudié 130 médicaments sans ordonnance et compléments alimentaires. Moins de 15 % d’entre eux seraient conseillés.
Le magazine 60 Millions de consommateurs a étudié 130 médicaments sans ordonnance et compléments alimentaires. Moins de 15 % d’entre eux seraient conseillés. LP/Olivier Arandel

Plébiscités par les consommateurs en pharmacie, la plupart des médicaments sans ordonnance et compléments alimentaires n'ont pas d'effets prouvés et font même courir des risques pour la santé, affirme jeudi le magazine 60 Millions de consommateurs.

Le magazine édité par l'Institut national de la consommation a « passé au crible » 132 médicaments et compléments alimentaires (produits contre la fatigue, l'insomnie, ou favorisant la digestion, l'immunité…) et conclut que « moins de 15 % des produits […] sont à conseiller ». Sur les 60 médicaments sans ordonnance étudiés, 35 sont classés comme étant « à proscrire ».

Des vitamines en surdose et « nocives »

La rédactrice en chef adjointe de 60 Millions, Christelle Pangrazzi, rappelle que les Français « se dirigent très facilement vers ces produits » et alerte sur la disproportion entre les risques encourus par leur consommation (infections, risques hépatiques, d'infarctus, de troubles neurologiques, etc., selon la réaction des malades aux substances) et leurs bénéfices souvent inexistants.

En ce qui concerne « les médicaments contre la toux et le mal de gorge, notre constat a été assez effarant car tous ces médicaments ont été classés rouge », a expliqué Christelle Pangrazzi à la presse, en précisant : « Aucun (des 12 produits testés) n'a prouvé son efficacité sur le mal de gorge ».

Les vitamines en surdose que proposent certains compléments sont contre-productives voire « nocives », tacle également le magazine, alors même que les compléments alimentaires pour enfants, « d'autant plus inutiles que les carences sont rares à cet âge de la vie », sont de plus en plus présents sur le marché.

Des compléments « déguisés en médicaments »

Concernant les antalgiques (anti-douleurs), 60 Millions reconnaît uniquement l'efficacité du paracétamol et de l'ibuprofène, et appelle à la vigilance vis-à-vis des surdoses, dangereuses pour le foie.

Le magazine souhaite une nouvelle réglementation plus stricte, imposant des notices plus claires ou encore une mention des effets secondaires des plantes et des huiles essentielles quand elles composent ces produits. Notamment pour les compléments alimentaires, qui « se sont déguisés en médicaments » selon Bruno Toussaint, directeur éditorial de la revue Prescrire.

Pour ce magazine, réalisé avec la revue Prescrire pour la partie concernant les médicaments, 60 Millions a étudié les produits au regard de leur notice et des données de pharmacovigilance de l'Agence du médicament.