Face aux critiques, le futur centre océanographique de Dieppe défend son projet scientifique

L’investisseur Olivier Wilhelm à la tête d’Aqua Invest et le directeur aquariologique Pascal Coutand présentent le projet scientifique du futur centre océanographique de Seine-Maritime, prévu pour ouvrir en 2023.

 Le centre océanographique de Dieppe se veut surtout un projet scientifique selon ses fondateurs.
Le centre océanographique de Dieppe se veut surtout un projet scientifique selon ses fondateurs. Aqua Invest

L'annonce de la construction du centre océanographique de Dieppe (Seine-Maritime), prévu pour ouvrir en 2023, a déclenché de multiples réactions négatives d'associations au nom du bien-être animal et de la lutte contre le réchauffement climatique. Le directeur aquariologique et capacitaire Pascal Coutand et le PDG de l'investisseur Kapital Conseil Olivier Wilhelm appellent aujourd'hui ces opposants à les rejoindre pour comprendre le projet, notamment scientifique, qu'ils nous dévoilent en exclusivité.

D'abord, il y a l'enveloppe. Située près de la gare, la construction bas carbone de 17 000 m2 sera dotée de cellules photovoltaïques intégrées aux vitres, de récupération des eaux de pluie et des évaporations pour arroser les serres, de systèmes de filtration dernière génération qui vont permettre de pomper l'eau de mer au lieu de faire venir des milliers de camions de sel et d'un restaurant dont les plats ne comprendront pas d'espèces menacées.

La plus grande fosse de plongée du monde

Lors d'un parcours de 3h30, les visiteurs pourront faire le tour du monde de la classification animale sous-marine des eaux salées et douces. Ils passeront devant plus de 110 bassins dont celui des Philippines, 2 500 m3 avec son canyon, et de « la plus profonde fosse de plongée du monde avec 56 m ». « Les plongeurs évolueront avec des poissons dans une reconstitution des profondeurs du lac Tanganyika. Des baptêmes seront proposés avec des profondeurs régulées par un fond amovible. Elle sera à disposition des professionnels comme les sapeurs-pompiers, les gendarmes, et aussi pour les clubs de plongée. Contrairement à ce qui est dit, cela ne générera pas de stress pour les poissons, car des caches et la profondeur les mettront à l'abri. Ce ne sera pas une piscine », détaille Olivier Wilhelm.

Voilà 10 ans que plusieurs passionnés, dont le Dieppois Pascal Aubert, gérant d'Aqualand à Saint-Aubin-sur-Scie, avaient eu cette idée face au front de mer. : « Il a financé les études qui datent de 2012. Entre ensuite dans la boucle l'architecte Laurent Le Boette qui est un militant Greenpeace depuis 20 ans. Ensuite, pour la partie financière, il fallait un spécialiste de l'immobilier. C'est là que j'ai accepté de fonder Aqua Invest », résume Olivier Wilhelm. Pour l'investisseur, le but n'est pas de « mettre des poissons en bocal. Il y a un projet scientifique de grande ampleur. »

Aucun mammifère dans le centre

Pour cela, est arrivé il y a quatre ans, Pascal Coutand, le directeur aquariologique et le capacitaire, obligatoire dans chaque établissement qui gère des animaux. Ce spécialiste a travaillé dans sept aquariums dont celui du Trocadéro à Paris et au Zoo de Beauval. Tout d'abord, il veut désamorcer la situation : « il n'y aura jamais de mammifère dans ce centre. Il montrera de façon concrète ce qui se passe sous l'eau. Il y aura de la pédagogie, de la préservation, de la reproduction lors de programmes d'échanges, de réintroductions d'espèces et de la recherche », détaille le scientifique.

Pascal Coutand sera entouré d'une vingtaine de spécialistes pour le secteur aquariologie où seront représentées 1500 espèces « qui vivront en moyenne 15 ans quand, dans la nature, c'est moins de deux ans. La majorité des variétés sont menacées par le réchauffement climatique, la pêche intensive et l'activité industrielle. Il n'y aura pas de concession pour le bien-être animal ».

Une nurserie de 300 m2 visible au public

Attaché à des échanges internationaux, le centre va travailler par exemple autour des 300 requins taureaux en captivité répertoriés dans le monde dont huit devront rejoindre Dieppe. « Nous voulons aussi lutter contre le trafic des poissons. Nous finançons actuellement à hauteur de 100 000 € une ferme aquacole aux Philippines. Une partie des alevins rejoindra les bassins, les autres serviront au repeuplement ou à la consommation locale. Nous ferons aussi pousser les plantes aquatiques sur place grâce à des graines », complète Pascal Coutand qui bénéficiera pour cela et de façon inédite de 300 m2 pour une nurserie visible du public.

Alors, face à la levée de boucliers, l'homme d'affaires Olivier Wilhelm plaide sa cause : « Au lieu d'émettre des avis critiques, demandez-nous le projet scientifique. C'est dans le dossier d'ouverture qui fait 800 pages. Il n'a jamais été attaqué et a déjà été accepté. On aime les animaux. On n'est pas obligé d'être vegan ou écologistes politiques pour avoir cet engagement ! Nous sommes totalement ouverts au dialogue. On a le même objectif : préserver les océans, les mers et les fleuves. »