Face au variant anglais, le maire de Dunkerque dénonce des mesures «déconnectées du terrain»

L’élu fait part de son incompréhension alors qu’il n’a pas obtenu de l’Etat qu’il ferme les collèges et lycées une semaine avant les vacances scolaires.

Le maire (DVG) de Dunkerque Patrice Vergriete a dénoncé des mesures « déconnectées » après que la préfecture a décidé de garder écoles, collèges et lycées ouverts malgré l’accélération de la circulation du variant anglais du Covid-19.

L’élu a expliqué avoir mis sa fille à l’école ce lundi matin, « il faut respecter un terme démocratique, mais je sais qu’un certain nombre de familles ne mettront pas (leurs enfants), il y a des choses que je peux comprendre aujourd’hui », a-t-il expliqué au micro de France Bleu Nord. « Ce que nous avions proposé était quand même très adapté à notre territoire et on a vu tomber des mesures qui finalement apparaissent assez déconnectées de la réalité du terrain », a-t-il cependant ajouté, disant comprendre « l’incompréhension de la population ».

Vendredi, les maires de la communauté urbaine de Dunkerque avaient demandé aux autorités de fermer les collèges et lycées une semaine avant les vacances scolaires, et de donner la possibilité de déroger à l’obligation scolaire pour les enfants scolarisés en primaire, mais ils n’ont pas été suivis par l’Etat. Samedi, la préfecture a annoncé que l’arrivée et la sortie des classes seraient décalées dans les écoles maternelles et élémentaires et que les collèges et lycées fonctionneraient « en mode mixte (présentiel/distanciel) ».

LIRE AUSSI > Covid-19 : regain de l’épidémie, variants… Ces territoires qui inquiètent

La préfecture faisait alors état d’une situation qui s’est « dégradée brutalement », avec « un taux d’incidence de 515 cas pour 100 000 habitants contre 384 il y a une semaine, tandis que la présence du variant anglais s’est accélérée sur le territoire ».

« Aujourd’hui sur le territoire dunkerquois nous avons environ 80 % de variant britannique dans les cas de Covid positif. Et comme le variant est très contagieux, il a fait exploser le nombre de cas de Covid sur le territoire dunkerquois », a soutenu le maire dans un entretien à l’AFP.

Une accélération des admissions à l’hôpital

L’élu a regretté qu’« on n’arrive pas à faire cette différenciation entre les territoires qui permet d’être plus efficace finalement face à ce virus ». Il a également alerté sur la situation de l’hôpital de Dunkerque, qu’il a décrit comme « saturé ».

Newsletter L'essentiel du matin
Un tour de l'actualité pour commencer la journée
Toutes les newsletters

« Il y a encore eu des transferts de patients ce week-end, on voit bien que la situation avec le variant britannique qui est beaucoup plus contagieux accélère énormément la transmission du virus et donc les arrivées à l’hôpital », a-t-il expliqué, disant craindre que les hôpitaux régionaux vers lesquels des patients ont été transférés arrivent eux aussi à saturation.

La flambée de l’épidémie intervient à une période où les rues de la ville sont habituellement noires de monde pour célébrer le carnaval. Le maire a salué l’attitude « responsable » de ses administrés, notant que les carnavals clandestins étaient restés très rares.

Une campagne «exceptionnelle» de dépistage

Lundi, l’Agence régionale de Santé (ARS) des Hauts-de-France a annoncé une campagne « exceptionnelle » de dépistage. Des tests gratuits, sans rendez-vous et sans ordonnance, auront lieu jeudi et vendredi dans les communes de Bergues, Cappelle-Brouck, Dunkerque et Wormhout pour « faciliter l’accès au test au plus près des lieux de vie ou de travail des habitants », a annoncé l’ARS.

Par ailleurs, 2 400 doses de vaccin Moderna, issues du « stock de sécurité régional », « vont être allouées vers la communauté urbaine de Dunkerque et de la communauté de commune des Hauts-de-Flandre », destinées en priorité aux « personnes vulnérables à domicile », ajoute l’ARS. Par ailleurs, 2 400 doses de vaccin Moderna, issues du « stock de sécurité régional », « vont être allouées vers la communauté urbaine de Dunkerque et de la communauté de commune des Hauts-de-Flandre », destinées en priorité aux « personnes vulnérables à domicile », ajoute l’ARS.