Explosion de cas de variants du Covid en Moselle : beaucoup de questions sans réponse

On ignore toujours ce qui a pu provoquer la flambée de cas de variants sud-africains dans ce département lorrain. Plusieurs hypothèses sont envisagées.

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 Sur l’ensemble du département, les variants représentent désormais 40 % des dépistages.
Sur l’ensemble du département, les variants représentent désormais 40 % des dépistages. PHOTOPQR/L’Est Républicain/MaxPPP/Alexandre Marchi

Les classes de Moselle resteront bel et bien ouvertes cette semaine. Au grand dam de la FCPE, la principale fédération de parents d'élèves, qui appelle à faire l'école buissonnière. L'association livre même le motif d'absence : « mise en danger de notre enfant et de notre famille face à la situation sanitaire » dans le département lorrain.

Un mot d'ordre que comptait suivre Jonathan, avant de se raviser : « J'ai voulu garder mon fils à la maison à cause du Covid mais le collège m'a dit que ce n'était pas un motif valable et que je recevrais un courrier, je ne sais plus trop quoi faire », témoigne-t-il, inquiet à l'idée que son ado puisse être contaminé et diffuse le virus. Le département, qui compte un million d'habitants et borde l'Allemagne et le Luxembourg, où travaillent plus de 110000 Mosellans, est aux prises avec une offensive brutale des mutants.

La bascule en 15 jours

« En 15 jours, nous sommes passés de 0 % dans les dépistages effectués à plus de 51 % aujourd'hui, avec une nette prépondérance du variant sud-africain », indique Pierre Cuny, maire (divers droite) de Thionville, la dernière grande ville avant la frontière luxembourgeoise. Sur l'ensemble de la Moselle, les variants représentent désormais 40 % des dépistages. « Le paradoxe est qu'en dépit d'une contagiosité supérieure, le taux de positivité n'explose pas, il reste à 7 % », s'étonne le Dr François Joppin, responsable de la communication des laboratoires Biogroupe qui réalisent 4000 tests par jour en Lorraine.

L'origine de cette flambée reste tout aussi inexpliquée. « Nous n'avons pas le recul nécessaire », poursuit le Dr Joppin. De plus en plus de voix pointent l'influence du Luxembourg, plate-forme internationale, avec beaucoup de brassage. Mais aucune certitude. D'autres évoquent des voyageurs revenus de Mayotte comme principal foyer de diffusion. Là encore, rien qui ne permet d'étayer cette hypothèse.

30000 vaccins supplémentaires

Des élus mosellans, principalement d'opposition, sont montés au front, parfois avec véhémence pour dénoncer l'attentisme de l'Etat. Ils ont fait campagne pour la fermeture de toutes les écoles la semaine précédant les vacances scolaires. En vain. Leur proposition a été rejetée. D'autres sont allés plus loin. François Grosdidier, maire (LR) de Metz, a milité sur tous les plateaux de télévision, pour un confinement local. Des déclarations jugées parfois excessives.

Covid-19 : Vaccination renforcée en Moselle mais pas de reconfinement dans l'immédiat

« On crée un climat de peur », estime le député LREM Ludovic Mendès. Au point que les laboratoires ont été contraints de mobiliser ce lundi du personnel supplémentaire pour faire face aux demandes massives de dépistages. Cette pression sur l'exécutif n'a toutefois pas été totalement vaine : elle a permis de débloquer une dotation de 30000 doses de vaccin supplémentaires.

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« La Moselle a été entendue », estime Pierre Cuny. Cette annonce efface l'impression mitigée laissée par la visite d' Olivier Véran vendredi, qui, au vu de la situation, n'a pas souhaité prendre de mesures d'urgence : ni confinement local, ni fermeture d'écoles. François Grosdidier y a vu « un entêtement incompréhensible ».