Etats-Unis : la tribu Cherokee demande à Jeep de changer le nom de son célèbre 4x4

Le chef de cette tribu amérindienne a officiellement fait cette requête lundi à la maison-mère de Jeep, le groupe Stellantis, issu de la fusion entre les groupes français PSA et italo-américain Fiat Chrysler.

Jeep, avec ici son patron Mike Manley lors de la présentation de son Grand Cherokee Trackhawk en 2017, n'a pour l'instant pas donné suite à la demande de la tribu.
Jeep, avec ici son patron Mike Manley lors de la présentation de son Grand Cherokee Trackhawk en 2017, n'a pour l'instant pas donné suite à la demande de la tribu. TIMOTHY A. CLARY

« Le moment est venu ». Le Cherokee, légendaire 4x4 de Jeep presque quinquagénaire, pourrait bien devoir changer de nom, le chef de la tribu amérindienne éponyme estimant que le temps était venu pour les entreprises et équipes sportives aux Etats-Unis de cesser d’utiliser leur nom. Le chef de la tribu des Cherokee, Chuck Hoskin Jr, « a dit au groupe qu’il ne tolérait pas l’usage de Cherokee par leur entreprise », a confirmé lundi à l’AFP une porte-parole de cette tribu.

Il l’a fait savoir à la maison-mère de Jeep, le groupe Stellantis, issu de la fusion entre les groupes français PSA et italo-américain Fiat Chrysler, par visioconférence le 29 janvier. Contacté par l’AFP, le constructeur automobile n’avait pas répondu lundi après-midi.

«Cela ne nous honore»

« Je pense que le moment est venu, dans ce pays, pour les entreprises et équipes sportives, de retirer les noms, images, et mascottes amérindiens de leurs produits, maillots et équipes », avait justifié le chef des Cherokee dans une déclaration transmise le 14 janvier au magazine américain Car and Driver, qui l’avait sollicité. « Je suis sûr que cela était bien intentionné, mais cela ne nous honore pas d’avoir notre nom inscrit sur le côté d’une voiture », avait-il encore déploré. Jeep a lancé ce 4x4 en 1974, et plusieurs modèles se sont succédé depuis.

« La meilleure façon de nous honorer est d’en apprendre davantage sur notre gouvernement, notre rôle dans ce pays, notre histoire, notre culture et notre langue et d’avoir un dialogue constructif avec les tribus reconnues par le gouvernement fédéral sur l’appropriation culturelle », avait encore souligné Chuck Hoskin Jr.

Sous pression, l’équipe de football américain de Washington et celle de baseball de Cleveland ont, elles aussi, récemment abandonné leurs noms empruntés à des tribus amérindiennes, respectivement les Redskins, et les Indians.