En ville, on aime de moins en moins la voiture

D’après un sondage Ifop, les habitants des grandes agglomérations sont majoritairement favorables à la réduction de la place de l’automobile.

 A Paris, les habitants privilégient désormais le vélo ou la marche pour leurs déplacements.
A Paris, les habitants privilégient désormais le vélo ou la marche pour leurs déplacements. LP/Olivier Arandel

Souvenez-vous, c'était un 9 septembre 1997. La Rochelle, en Charente-Maritime, était la première commune à réserver son centre-ville aux piétons, rollers, vélos et autres utilisateurs d'engins non motorisés. Vingt-trois ans plus tard, les journées sans voitures ont inspiré des milliers de villes en France, notamment Paris qui en organisera une ce dimanche.

Ceux qui voyaient dans cette initiative une lubie écologiste sans lendemain ont sans doute eu tort, d'après ce sondage Ifop pour le site Caroom.fr (réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 14 au 16 septembre 2020 auprès d'un échantillon de 1017 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine, et d'un échantillon de 1031 personnes, représentatif de la population vivant dans les villes de 100 000 habitants et plus). A l'occasion, ce mardi, de la Journée mondiale sans voitures, l'institut témoigne d'un « net soutien des citadins aux politiques de restrictions de la circulation automobile ».

Si les Français s'avèrent globalement très partagés sur les mesures restrictives (49% y sont favorables dans leur commune, 51% contre), ce n'est pas le cas dans les métropoles où cette stratégie « anti-voitures » semble largement soutenue : 62% des habitants des 40 villes de plus de 100 000 habitants souhaitent que leur municipalité réduise la place de la voiture dans leur commune. Une politique qui a particulièrement les faveurs des jeunes (79%), des cadres (66%) et des électeurs d'EELV (95%). L'association Paris sans voiture , qui dit représenter des Franciliens de 7 à 89 ans, a de quoi se réjouir, elle qui souhaite que la voiture individuelle et les deux roues motorisés « deviennent l'exception à Paris ».

« Derrière ces chiffres assez partagés, il y a une véritable opposition entre la France des campagnes et la France des villes, constate le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, Pierre Chasseray. La divergence est très marquée. L'ennui, c'est que les mesures ne sont prises qu'au travers du regard de la France ultra-urbaine, qui n'est pas représentative du rejet hors agglomération de ces mesures. »

La part du vélo progresse

Si l'attachement à la voiture est désormais bien moindre en ville, c'est notamment parce que la pratique du vélo et de la marche à pieds a explosé. « Notre enquête témoigne d'une profonde modification des pratiques de mobilités chez les citadins, explique-t-on à l'Ifop. Poussés à la fois par une tendance de long terme d'abandon de la voiture mais surtout par les risques sur la santé de la crise du Covid-19, les citadins utilisent de moins en moins la voiture pour se rendre sur leur lieu de travail. Ils sont désormais moins d'un tiers à le faire (29%) contre 44% en 2015. En parallèle, la part du vélo dans les déplacements a progressé de dix points (à 15%) en cinq ans, comme la part des déplacements à pied (17%, + 6 points). »

Si les habitants des grandes villes semblent globalement favorables aux politiques de réduction de la place de la voiture, ils ont en revanche plus de mal à comprendre comment les villes s'y prennent pour réaménager l'espace urbain. Soutenant majoritairement les systèmes de véhicules en libre-service (57%) et l'essor des pistes cyclables dans leur commune (55%), ils expriment un fort mécontentement à l'égard des conditions actuelles de circulation (63%) et de stationnement (69%). Fatigués des bouchons, les citadins sont majoritairement opposés aux mesures anti-stationnement comme la diminution des places où se garer en surface (74%) ou la hausse des tarifs de stationnement (77%).

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