Du soleil, un air de printemps... et des amendes : les contrôles renforcés

Pour éviter un relâchement des gestes barrière avec l’arrivée des beaux jours, les forces de l’ordre ont multiplié les rappels des règles ce samedi. Souvent sans verbaliser, mais parfois aussi en distribuant des PV à 135 euros.

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 Pour rappeler les règles sanitaires, les autorités ont multiplié les contrôles ce samedi à Paris.
Pour rappeler les règles sanitaires, les autorités ont multiplié les contrôles ce samedi à Paris. LP/Delphine Goldsztejn

Masque sous le menton, le jeune homme sourit : « Tout le monde est là, comme en été, il n'y a plus de Covid », pavoise-t-il. Le petit groupe de cinq amis dont il fait partie passe les grilles du jardin du Luxembourg, dans le cœur de Paris, noir de monde en ce week-end de vacances. Même foule sur les quais de Seine, au Trocadéro ou dans les rues commerçantes du Marais.

Il faut dire que le soleil est de la partie et que le thermomètre affiche un 18°C digne du printemps, alors qu'on est bel et bien dans l'hiver et pour encore un mois. Une douceur qui a poussé les Français à mettre le nez dehors. A Paris, comme dans la plupart des grandes métropoles, c'est dans les parcs que l'on s'est surtout rué. Et qu'on a parfois fait tomber les masques.

Pour rappeler les règles sanitaires et éviter un trop grand relâchement, les autorités ont multiplié les contrôles ce samedi. A Lyon, la police a tenté cahin-caha de faire respecter l'interdiction de consommer de l'alcool sur la voie publique, décrétée la veille dans l'hypercentre. A Paris, la préfecture de police avait prévenu dès vendredi qu'elle organiserait des opérations de contrôle.

4000 fonctionnaires déployés

En tout, 4000 fonctionnaires ont été mobilisés. On est en milieu d'après-midi, dans le jardin des Grands-Explorateurs, un espace vert du très chic VIe arrondissement. Un couple assis sur un banc, masques à la main, se fait sermonner. Julien, le jeune homme, explique qu'il voit pour la première fois celle qui partage son banc : « C'est un date (NDLR : un rendez-vous galant). »

Il sourit, en aparté : « Enlever le masque, ça permet de contrôler la marchandise. Souvent, pour éviter la verbalisation, je donne des premiers rendez-vous durant lesquels on fait des footings. C'est autorisé de ne pas porter le masque pendant le sport. » Et il ajoute, un brin agacé : « Ils viennent nous rappeler les règles,mais on est à un mètre l'un de l'autre et il n'y a personne d'autre autour de nous. » Pas d'amende pour cette fois. Sinon, c'est 135 euros, et jusqu'à 3 750 euros en cas de récidive.

Un peu plus loin, des sportifs font des tractions sur les agréés de musculation du parc. Pour la plupart sans masque, en pensant être dans leur bon droit. « Vous avez déjà essayé de faire du sport avec un masque ? C'est impossible de respirer », explique Kévin. « C'est comme pour les gens qui courent ou font du vélo, note le commissaire de permanence. S'ils sont plus de deux, on fait des rappels à l'ordre : ils doivent porter obligatoirement un masque. »

Pas plus de six, même en extérieur

Autre règle un peu oubliée, il est interdit de se rassembler à plus de six dans l'espace public. Au total, durant le passage des policiers dans le jardin des Grands-Explorateurs, une petite dizaine de verbalisations pour non-port du masque ont été dressées. « L'objectif était d'être visibles pour que les Franciliens n'oublient pas qu'il faut respecter les mesures sanitaires, explique le haut gradé de la police. Globalement, les gens respectent. Mais la crainte est d'avoir un relâchement avec les beaux jours qui arrivent. » Or l'épidémie est toujours sur un plateau haut et les variants menacent.

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L'objectif ce samedi était aussi de faire respecter les horaires du couvre-feu. « A 18 heures, vous devez être chez vous, rappelle un policier. Sinon, vous devez avoir une attestation. » Ce que, ce soir-là, beaucoup n'ont pas, alors que l'heure fatidique est déjà passée. Durant la nuit de vendredi à samedi, les agents de la préfecture de police de Paris ont verbalisé 141 personnes pour défaut d'attestation. Là encore, il s'agit d'une amende à 135 euros, qui peut-être portée à 3750 euros en cas de récidive.