Deuxième vague de Covid-19 : en Europe, tous les pays touchés… et des mesures qui varient

Confinement en Irlande, villes espagnoles sous cloche, couvre-feux en France et dans certaines régions italiennes, bars et restaurants fermés plus tôt ailleurs… Les restrictions face à la pandémie se multiplient sur le continent, avec de nombreuses nuances.

 Une cycliste masquée circule place de la Cathédrale, à Milan, le 19 octobre 2020.
Une cycliste masquée circule place de la Cathédrale, à Milan, le 19 octobre 2020. REUTERS/Flavio Lo Scalzo

En ordre dispersé face au Covid-19! Le rebond de l'épidémie n'épargne aucun pays européen, et chacun d'entre eux adapte sa stratégie. Depuis la rentrée, au fur et à mesure que les courbes des nouveaux cas progressent, les annonces de mesures restrictives se succèdent du nord au sud et de l'est à l'ouest du continent. Jusqu'aux plus spectaculaires : à partir de ce mercredi soir minuit, toute l'Irlande se reconfine. Une première pour un pays de l'Union européenne.

Parmi les principaux Etats, l'Espagne a été le premier confronté aux prémices de la « deuxième vague », fin août. Plusieurs villes, dont Madrid, ont été placées sous cloche depuis la rentrée. Une sorte de confinement light : leurs habitants ne sont pas obligés de rester à la maison comme lors de la première vague, mais ils ne peuvent quitter la ville que pour des raisons de première nécessité. Des couvre-feux pourraient désormais être imposés comme dans plusieurs métropoles françaises, a mis en garde le ministre de la Santé espagnol, Salvador Illa ce mardi. Quant aux bars et aux restaurants, ouverts jusqu'à 23 heures dans la capitale, ils doivent garder portes closes depuis le 15 octobre en Catalogne.

Ces variations s'expliquent par le fait que les régions espagnoles sont compétentes en matière de santé. Ce qui donne régulièrement lieu à des bras de fer avec le gouvernement central. La présidente de la communauté autonome de Madrid avait, par exemple, déposé un recours contre la mise sous cloche de sa ville.

« Bien plus proches d'un deuxième confinement que nous ne voulons le penser »

Même schéma administratif en Italie, où les régions disposent aussi d'une importante marge d'initiative. Dimanche, le Premier ministre Giuseppe Conte s'est contenté de quelques annonces plutôt attendues, comme la fermeture des restaurants au plus tard à minuit et l'obligation de 75 % de télétravail aux fonctionnaires, renvoyant la responsabilité d'imposer un couvre-feu aux élus locaux. En Lombardie, ce sera de 23 heures à 5 heures du matin à partir de jeudi. La Campanie devrait suivre le lendemain.

En Allemagne, le canton de Berchtesgaden (Bavière) a été reconfiné mardi, avec fermeture des écoles et des commerces non essentiels. « Nous sommes bien plus proches d'un deuxième confinement que nous ne voulons le penser », a alerté le Premier ministre de Bavière, Markus Soëder. Dans les régions allemandes les plus touchées, les rassemblements privés sont limités à 10 habitants ou deux foyers. La jauge maximale passe à six personnes au Royaume-Uni, et les réunions privées à l'intérieur sont carrément interdites à Londres depuis samedi. En France, cette « règle des six » n'est qu'une recommandation.

La République tchèque, pays le plus touché

Ces mesures dépendent bien sûr de la situation épidémiologique de chaque pays. La République tchèque, qui compte le plus de nouveaux cas quotidiens rapporté à la population depuis début octobre, a fermé le 14 octobre les écoles, les bars et les restaurants. Une sorte de reconfinement qui ne dit pas son nom.

Deuxième vague de Covid-19 : en Europe, tous les pays touchés… et des mesures qui varient

Mais tout n'apparaît pas toujours proportionné : l'Irlande a décidé de confiner sa population alors que le pays recense 40 % de personnes nouvellement positives de moins que la France, par exemple (234 contre 381 nouveaux cas pour 100 000 habitants par jour, d'après les données du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ). Cela s'explique aussi par le fait que le gouvernement français a décidé cette fois d'échelonner les mesures département par département, afin d'éviter un couvre-feu voire un reconfinement national.

Newsletter L'essentiel du matin
Un tour de l'actualité pour commencer la journée
Toutes les newsletters

Toutes ces variations « n'étonnent pas » l'épidémiologiste Pascal Crepey, et ce pour deux raisons. « La première, c'est que l'on n'a pas, à l'heure actuelle, de recette miracle pour lutter contre cette pandémie. Si on connaissait la mesure efficace à tous les coups et dans toutes les situations, il suffirait de l'utiliser », développe auprès du Parisien ce chercheur à l'École des hautes études en santé publique.

« Primordial d'adapter les mesures au contexte local »

L'autre raison vient des différences de comportements des habitants en fonction des pays. Sans tomber dans les clichés, les habitants des pays latins, notamment l'Espagne, reconnaissent eux-mêmes avoir une vie sociale et familiale plus riche. « Les gens sont proches, ils aiment se rencontrer », a récemment résumé Ildefonso Hernández Aguado, ancien directeur général de la santé publique du gouvernement espagnol.

À l'inverse, dans les pays nordiques dont la Suède, « nous ne sommes pas très latins ni très tactiles d'emblée, mais au même niveau que les Italiens lorsqu'ils respectent les mesures de distanciation sociale », témoigne en souriant Magnus Falkehed, journaliste au quotidien Expressen. « C'est pour cela qu'il est primordial d'adapter les mesures de contrôle de l'épidémie au contexte local de chaque pays, et même de chaque région des différents pays », juge Pascal Crepey.

VIDÉO. Covid-19 en France : de nouveaux départements basculeront jeudi en zone d'alerte maximale

Le tourisme et les déplacements de voyageurs peuvent aussi impacter la situation dans les zones les plus prisées. Si elle reste le deuxième pays européen (derrière la Serbie) à déplorer le moins de nouveaux cas, la Grèce a enregistré un record de contaminations en 24 heures ce mardi. 667 personnes ont été nouvellement positives. Pour le moment, les autorités insistent sur la nécessité d'être « particulièrement prudents », de porter un masque et d'éviter les rassemblements, mais elles n'excluent pas de prendre des mesures plus fermes ces prochains jours.