Covid-19 : un couvre-feu de 21h à 6h en Ile-de-France et dans 8 métropoles dès samedi

Cette mesure entrera en vigueur à partir de vendredi à minuit dans les villes de la région Île-de-France mais aussi à Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Lille, Saint-Etienne, Rouen et Toulouse.

L'entourage d'Emmanuel Macron l'a soufflé à plusieurs reprises au cours des derniers jours : l'instauration d'un couvre-feu - dont l'heure était source de nombreuses interrogations - faisait partie des pistes sévèrement envisagées pour faire face au regain épidémique du Covid-19 dans l'Hexagone. Le président a confirmé ce mercredi soir sa mise en place imminente.

Lors de son interview sur TF1 et France 2, Emmanuel Macron a confirmé qu'à partir de 21 heures et jusqu'à 6 heures du matin, un couvre-feu empêchera certains déplacements dans les villes de la région Île-de-France , mais aussi à Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Lille, Saint-Etienne, Rouen et Toulouse, où le virus connaît un emballement certain. Cette mesure, déjà instaurée dans certaines villes d'Allemagne, doit entrer en vigueur dès vendredi à minuit et ce pendant au moins quatre semaines.

Covid-19 : un couvre-feu de 21h à 6h en Ile-de-France et dans 8 métropoles dès samedi

Ainsi, alors que les bars demeurent fermés depuis la fin du mois de septembre dans certaines villes placées en alerte maximale, dans les métropoles concernées par ce confinement nocturne, les restaurants, cinémas ou encore salles de spectacles devront eux aussi fermer au public à partir de 21 heures. « On n'ira plus au restaurant, chez des amis, pour faire la fête […] après 21 heures », a insisté le chef de l'Etat.

Le retour de l'attestation dérogatoire

Les déplacements à visée uniquement sociale ne sont plus possibles lors de ce couvre-feu, destiné à stopper la transmission du virus lors des rassemblements et événements publics ou privés, lorsqu'ils ne respectent pas les mesures barrière. Emmanuel Macron évoque une « mesure pertinente » en raison d'un « ralentissement des contacts sociaux », en citant l'exemple de la Guyane.

Tous les déplacements le soir, après 21 heures, dans les zones concernées par le couvre-feu, devront ainsi être justifiés par une attestation dérogatoire dès samedi. Les personnes contraintes d'aller travailler le soir, ou celles pouvant prouver de nécessités impérieuses ou d'urgences (familiales, liées à la santé…), pourront sortir mais devront pouvoir le justifier.

Une amende de 135 euros

« Évidemment, pour toutes celles et ceux qui rentrent du travail après 21 heures ou ceux qui travaillent de nuit, il y aura une autorisation, ainsi que pour ceux qui ont des urgences sanitaires », a souligné Emmanuel Macron, ajoutant qu'il « n'y aura pas une interdiction de circuler entre 21h et 6h du matin, mais une stricte limitation ». Des contrôles seront menés, a prévenu le président, avec « des amendes comme il y en a déjà, de 135 euros ». Et de rappeler qu'en « cas de récidive, c'est 1500 euros ».

« Il est indispensable de réduire les contacts entre les jeunes, lorsqu'ils se retrouvent le soir. C'est là que se forment de nombreux clusters », avait réagi mardi dans nos pages la professeure Dominique Salmon, infectiologue à l'hôpital parisien de l'Hôtel-Dieu, à propos de l'hypothèse d'un couvre-feu.

« La faillite de milliers d'établissements »

Mardi soir, les professionnels de l'hôtellerie-restauration indépendante se sont eux alarmés de l'éventualité de cette mesure qui « condamnerait à la faillite des milliers d'établissements ».

L'exécutif insiste depuis plusieurs semaines sur la menace que ce regain du coronavirus fait peser sur les systèmes de santé dans certaines zones. Depuis le début de la semaine, les admissions à l'hôpital ainsi qu'en réanimation ont atteint des niveaux plus égalés depuis le printemps dernier.

VIDÉO. Macron annonce un couvre-feu entre 21h et 6h durant six semaines en Ile-de-France et dans 8 métropoles