Covid-19 : supprimer les brevets sur les vaccins, une «fausse bonne idée» pour Agnès Pannier-Runacher

Pour la ministre déléguée à l’Industrie, le vrai sujet de « blocage » est de « trouver des sites de production en capacité de fabriquer » les vaccins.

 « Vous ne pouvez pas convertir n’importe quel site en site de production de vaccins : il vous faut 4, 5, 6 mois pour le faire », estime notamment Agnes Pannier-Runacher (Photo d’illustration).
« Vous ne pouvez pas convertir n’importe quel site en site de production de vaccins : il vous faut 4, 5, 6 mois pour le faire », estime notamment Agnes Pannier-Runacher (Photo d’illustration). AFP/Martin Burau

Elle est contre. Pour la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, supprimer les brevets sur les vaccins, comme certains le demandent afin d'accélérer la production et venir pour rapidement à bout de la pandémie de Covid-19, est « une fausse bonne idée ».

« Notre difficulté aujourd'hui c'est de trouver des sites de production qui soient homologués et qui soient en capacité de fabriquer », a-t-elle affirmé sur Franceinfo, estimant que « supprimer les brevets est une fausse bonne idée parce que ce n'est pas le sujet aujourd'hui, de blocage ».

« L'industrialisation d'un vaccin ça prend en temps normal, 12 à 30 mois. Parce qu'il n'y a pas un lot qui sort d'une usine de vaccins qui n'ait pas fait l'objet de contrôles extrêmement approfondis. » « Vous ne pouvez pas convertir n'importe quel site en site de production de vaccins : il vous faut 4, 5, 6 mois pour le faire », a-t-elle ajouté.

« Le vaccin doit être un bien public mondial »

Affirmant « partage (r) l'idée que le vaccin doit être un bien public mondial » la ministre a déclaré : « Nos contrats prévoient des mécanismes de don pour les pays à bas revenus et nous participons à l'initiative Covax », un programme international de distribution de vaccins soutenu par l'OMS.

Mercredi, plusieurs dizaines de militants et d'élus communistes ont manifesté devant les sièges du groupe américain Pfizer -qui a développé avec le laboratoire allemand BioNTech le premier vaccin mis en circulation dans l'UE- à Paris et de l'OMS à Lyon. Ils ont réclamé que les brevets du vaccin anti-Covid, « bien commun pour l'humanité », soient libérés et deviennent des génériques. Ils ont ainsi demandé à la France et à l'Union européenne « d'enclencher une procédure de licence publique » qui obligerait les laboratoires à transmettre leurs brevets.

Les dividendes de Sanofi ? Pas de polémique

Interrogée sur l'émoi suscité par l'annonce, vendredi, du laboratoire français Sanofi, qu'il va distribuer 4 milliards d'euros de dividendes à ses actionnaires grâce à une envolée de son bénéfice net en 2020 -année où il a annoncé 1 700 suppressions de postes, dont un millier en France-, Mme Pannier Runacher a affirmé vouloir défendre une « vision industrielle de Sanofi ».

« Personne ne s'insurge contre les dividendes distribués par Pfizer. Ce qui est important c'est d'avoir une vision industrielle de Sanofi et de faire en sorte que […] la recherche et développement soit réactivée en France (...) Notre sujet c'est d'avoir des actionnaires de long terme, qui ont une vision industrielle et pas financière. »

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Enfin, concernant la possibilité de la mise en place d'un passeport vaccinal, la ministre déléguée a estimé que la question est pour l'instant « prématurée ». Selon Agnès Pannier-Runacher, il y a pour le moment peu de personnes qui sont vaccinées. En outre, elle estime qu'« aujourd'hui, nous n'avons pas la preuve scientifique qu'une personne vaccinée ne peut pas être porteuse du virus. »