Covid-19 : rejet du recours contre la fermeture des bars à Marseille et Aix

Ces villes sont les deux seules placées jusqu’à maintenant en zone d’alerte maximale, ce qui implique la fermeture des bars et restaurants.

 L’arrêté requérant la fermeture des bars et restaurants à Marseille et dans la métropole d’Aix en Provence a pris effet dimanche à minuit et est applicable jusqu’au 11 octobre compris.
L’arrêté requérant la fermeture des bars et restaurants à Marseille et dans la métropole d’Aix en Provence a pris effet dimanche à minuit et est applicable jusqu’au 11 octobre compris. AFP/NICOLAS TUCAT

Revers pour les restaurateurs et la région Provence-Alpes-Côte D'Azur. Le tribunal administratif de Marseille a rejeté le recours qu'ils avaient déposé contre l'arrêté imposant la fermeture totale pour 15 jours des bars et restaurants à Marseille et Aix-en-Provence.

L'avocat de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), premier syndicat patronal des cafés, hôtels, restaurants, Grégory Nicolaï, a annoncé dans la foulée de cette décision son intention de saisir le Conseil d'État.

« Une décision intolérable et incompréhensible »

« Le juge a préféré jeter les clients dans la rue avec tous les risques que ça représente, alors que nous voulions être les alliés de l'ARS (Agence régionale de santé) pour combattre le virus », a réagi de son côté Bernard Marty, président de l'Umih. « Nous nous réservons le droit d'aller plus loin sur le plan juridique, et pas seulement juridique », a-t-il ajouté.

« Le principe de précaution a primé mais le monde économique restera uni tant que les bars et les restaurants resteront fermés. C'est une décision intolérable et incompréhensible qui fait de Marseille une ville morte », a estimé pour sa part Philippe Korcia, président de l'UPE 13 (Union pour les entreprises). « Je réinvite le président Macron à venir pour voir tout ce qui a été mis en place », a-t-il ajouté.

L'arrêté contesté vise à enrayer la propagation du Covid-19 dans les deux seules villes de France métropolitaine placées jusqu'à maintenant par le gouvernement en zone d'alerte maximale. Il a pris effet dimanche à minuit et est applicable jusqu'au 11 octobre compris, même s'il prévoit une clause de « revoyure » huit jours après son entrée en vigueur.

21 926 emplois directs

Le recours collectif en référé-liberté avait été fait au nom de la région Paca, du département, de la métropole Aix-Marseille-Provence et de la ville d'Aix-en-Provence, ainsi que d'une vingtaine de restaurateurs et patrons de bars et de l'Umih.

« Rien, ni dans le dossier du préfet des Bouches-du-Rhône, ni dans l'avis de l'Agence régionale de santé (NDLR : sur lequel s'est basé cet arrêté), ne mentionne jamais le mot bar ou restaurant ! C'est magique », avait plaidé lors de l'audience mardi Me Nicolaï, rappelant que le secteur représentait 6810 établissements dans le département, soit 21 926 emplois directs.

Derrière Marseille et Aix-en-Provence, 11 villes dont Paris, Lyon, Nice ou Lille avaient été placées en zone d'alerte renforcée face à l'épidémie, lors des annonces d'Olivier Véran du 23 septembre. Dans ces villes, les bars doivent fermer à 22 heures, les restaurants pouvant, eux, servir jusqu'à 00h30. Ce mercredi, la préfecture du Var a annoncé la fermeture des bars et restaurants de toutes les communes du département entre 00 heures et 6 heures du 1er au 15 octobre.