Covid-19 : pourquoi le nombre de personnes vaccinées n’est pas vraiment celui qu’on croit

Le chiffre annoncé chaque soir correspond en réalité au nombre d’injections réalisées, et « quelques centaines » de patients ont déjà reçu leur seconde dose. Eux seuls sont désormais vraiment protégés. Explications.

 Un homme âgé de plus de 50 ans se fait vacciner, à Paris, le 21 janvier 2021.
Un homme âgé de plus de 50 ans se fait vacciner, à Paris, le 21 janvier 2021. AFP/Christophe Archambault

Non, 1 026 871 personnes n'ont pas été vaccinées contre le Covid-19 depuis fin décembre. C'est pourtant ce qui est indiqué dans le communiqué quotidien du ministère de la Santé reçu dimanche soir, ainsi que sur le site data.gouv.fr. « Le jeu de données contient le nombre cumulé de personnes vaccinées à la maille nationale et régionale », peut-on y lire.

En réalité, « le nombre de personnes vaccinées correspond au nombre d'injections », indique ce lundi matin au Parisien la Direction générale de la santé (DGS). Interrogées une première fois en fin de semaine dernière, les autorités sanitaires avaient indiqué dans un premier temps qu'il s'agissait du nombre de personnes ayant reçu au moins une injection.

« Quelques centaines » de secondes injections

Or, l'administration de la seconde dose a commencé la semaine dernière. Pour le moment, « quelques centaines » de personnes seulement l'ont reçue, assure la DGS sans plus de précisions. Jean Castex était donc a priori juste en annonçant en premier, samedi après-midi, « un million » de personnes vaccinées (en réalité, 1 008 720 doses injectées samedi soir). Ces patients, dont Mauricette, ont été piqués la première fois fin décembre ou tout début janvier. Ils ont ensuite reçu leur seconde dose de vaccin Pfizer/BioNTech la semaine dernière.

La différence entre « personnes vaccinées » et « doses administrées » est donc faible, mais elle devrait grossir au fil des prochains jours avec les secondes injections. Si la Haute autorité de santé a recommandé ce samedi de rallonger à six semaines l'écart entre les deux doses, le ministère indiquait la semaine dernière que celui-ci était toujours 21 jours en Ehpad et en Unité de soins de longue durée. Or, c'est dans ces lieux qu'ont été réalisées les premières vaccinations à partir de la fin du mois de décembre. « Le nombre de secondes injections va s'accélérer au cours de la semaine » et « cette distinction sera très bientôt visible dans les données », promet la DGS.

Dans sa communication samedi soir, le ministère de la Santé alternait d'ailleurs entre les deux définitions. On pouvait lire « 963 139 doses administrées » au 22 janvier sur une infographie alors que le communiqué de presse du 22 janvier et le site data.gouv.fr mentionnent « 963 139 personnes vaccinées ».

De nombreux médecins estiment de toute façon qu'il est impropre de parler de « personnes vaccinées » au bout d'une seule injection. Comme l'a rappelé elle-même la Haute autorité de santé, « l'administration d'une seconde dose pour les deux vaccins à Arnim actuellement disponibles [dont celui de Pfizer/BioNTech] reste indispensable pour une protection au long cours ».