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Covid-19 : pourquoi le gouvernement resserre la vis sur la cantine et les activités sportives

Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures ce jeudi soir : fin de brassage des classes de primaire dans les cantines, interdiction du sport en intérieur et un retour des étudiants de première année dans les facs le 25 janvier.

 Le déjeuner est dans le viseur du gouvernement, qui a annoncé le « renforcement » du protocole sanitaire dans les cantines.
Le déjeuner est dans le viseur du gouvernement, qui a annoncé le « renforcement » du protocole sanitaire dans les cantines. LP/Olivier Lejeune

Pas de fermeture d'école : la décision avait largement bruissé avant la conférence de presse du Premier ministre, Jean Castex, ce jeudi soir. Mais l'entendre actée par le chef du gouvernement — qui a évoqué « la hausse des inégalités » et du « risque de décrochage » lors du premier confinement — a rassuré le milieu scolaire. D'abord par Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, qui a annoncé « le maintien d'un fonctionnement hybride dans les lycées au-delà du 20 janvier ». Ce partage entre enseignement à distance et en présentiel sera donc « prolongé », sans date de fin évoquée.

Comme le Parisien l'annonçait ce mercredi, cette « hybridation » sera possible au collège, pour les classes de 4 e et de 3 e. « Cela doit rester exceptionnel », a insisté Jean-Michel Blanquer. Une hybridation qui doit permettre de baisser la jauge d'élèves dans les locaux. Pour Sophie Venetitay, déléguée Snes-FSU, l'idée de cette hybridation pour alléger les effectifs dans les collèges « est une demande de longue date », assure-t-elle. « A condition que ce soit des demi-groupes : si on a des classes entières, cela ne sert à rien », estime la professeure, espérant « des précisions et un cadrage national » sur les modalités.

Un fonctionnement à mi-temps sur des classes de 4e et 3e avait d'ailleurs été mis en place à la fin de l'année au collège Colonel-Fabien, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Abandonné le 4 janvier ! « Dans les quartiers populaires, on s'est rendu compte qu'on perdait trop d'élèves, qui n'ont pas d'autonomie dans le travail », explique le proviseur Laurent Kaufmann.

Les écoles, des « lieux à surveiller »

Même son de cloche chez Hubert Salaün, père d'un collégien dans l'Oise, porte-parole de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP), une fédération de parents d'élèves. « L'école à 50 %, c'est encore des difficultés scolaires. Les enfants de cadres vont s'en sortir… mais les autres ? » Reste que baisser la jauge des effectifs dans les établissements scolaires semble inéluctable pour contenir les contaminations.

C'est ce que montre une nouvelle étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), à paraître dans la revue « Nature communications ». Elle dit, entre autres, qu'ils sont des « lieux à surveiller » et pour les garder ouverts, il faut mieux « réduire la présence des collégiens et lycéens, organiser des rotations », et éviter le brassage des classes surtout à la pause déjeuner. Le déjeuner est d'ailleurs aussi dans le viseur du gouvernement, qui a annoncé le « renforcement » du protocole sanitaire dans les cantines. Au primaire, le brassage entre classes sera désormais prohibé. Si ce n'est pas possible, « le temps de repas devra être allongé », et en dernier recours, des « repas à emporter » seront peut-être proposés.

«Nous voulions des annonces sur la précarité, la santé mentale»

Par ailleurs, le sport en intérieur est « suspendu pour quelques semaines », qu'il soit scolaire ou extrascolaire. Une annonce pertinente pour Delphine Guichard, directrice d'école dans le Loiret, qui n'a pas attendu ce point presse pour la mettre en application. « Les petites écoles comme la mienne ont des gymnases minuscules où il est dangereux d'entasser des élèves sans masque. Certes, il fait froid, mais cela semble inéluctable ! »

Côté facs, Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, a annoncé le retour, par demi-groupes, des élèves de première année dans les travaux dirigés. « Si la situation sanitaire le permet, les autres niveaux pourront réintégrer progressivement leurs cours », a aussi assuré Frédérique Vidal. Soulignant par ailleurs être consciente du « profond sentiment d'isolement » des étudiants, et rappelant que des psychologues ont été appelés en renfort dans les universités. Las, pour Mélanie Luce, présidente du syndicat étudiant Unef, il n'y a eu « aucune annonce ». « Cette date a déjà été annoncée fin décembre dans une circulaire. Nous voulions des annonces sur la précarité, la santé mentale. Rien! »