Covid-19 : Lille, Lyon, Saint-Etienne, Grenoble… pourquoi ces villes passent en alerte maximale

Quatre nouvelles métropoles sont désormais classées parmi les territoires où la situation sanitaire est la plus critique. De nouvelles mesures devraient y être prises ces prochains jours, comme cela a déjà été le cas en région parisienne et à Marseille.

Comme pressenti, la région parisienne et la métropole Aix-Marseille ne sont plus les seules parties du pays placées en « alerte maximale ». La situation sanitaire liée a l'épidémie de Covid-19 a conduit le gouvernement à placer quatre métropoles supplémentaires parmi ces zones les plus à risques : celles de Lyon, Saint-Etienne, Grenoble, et Lille. Cela entrera en vigueur samedi. Montpellier et Toulouse pourraient aussi basculer d'ici à lundi si la situation épidémiologique continuait de s'aggraver.

Pour comprendre pourquoi ces territoires passent en rouge écarlate sur carte, il faut rappeler quels sont les critères faisant passer un territoire d'un niveau d'alerte à un autre. Il s'agit du taux d'incidence (le nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants sur une semaine) en population générale, de celui chez les 65 ans et plus, et du taux d'occupation de patients Covid en réanimation.

Covid-19 : Lille, Lyon, Saint-Etienne, Grenoble… pourquoi ces villes passent en alerte maximale

La Direction générale de la santé (DGS) précise au Parisien qu'une analyse manuelle est faite en parallèle. Un territoire dont les indicateurs sont juste en dessous des seuils peut donc tout de même « basculer » si la situation s'aggrave. De même, en théorie, le passage d'un territoire en alerte renforcée ou maximale n'est pas automatique si les seuils sont atteints.

Taux d'incidence au niveau de la métropole

Revenons à nos quatre nouvelles métropoles en rouge écarlate et commençons par regarder le taux d'incidence. Au jour le jour, Santé publique France ne le communique dans sa base de données Géodes que département par département ou région par région. Or, c'est l'échelle de la métropole qui est utilisée pour faire passer un territoire en alerte renforcée ou maximale, indique au Parisien la DGS. Il faut donc se tourner ailleurs pour trouver ces données.

En Auvergne-Rhône-alpes, on découvre dans le bulletin épidémiologique régional du 1er octobre que le taux d'incidence pour 100 000 habitants du 21 au 27 septembre est de 283,2 à Grenoble, de 255,1 à Lyon, et de 223,8 à Saint-Etienne. Et ce chiffre a certainement augmenté à Saint-Etienne ces derniers jours, puisqu'il est passé de 160 à 232 dans le département de la Loire en une semaine. On est donc au-dessus ou tout proche du seuil fixé à 250. Chez les seules personnes de 65 ans et plus, le taux d'incidence y est, respectivement, de 135, 146,3, et 157,7. Soit déjà bien au-dessus du seuil de 100. À Lille, le taux d'incidence est de 308 cas positifs pour 100 000 habitants et de 273 chez les 65 ans et plus, rapporte BFM Lille.

Près de 30 % de patients Covid en réanimation

Concernant le taux d'occupation en réanimation, la DGS nous confirme qu'il est analysé au niveau régional. Cela permet d'éviter les biais lorsqu'un patient est pris en charge dans un département voisin de la même région et qui dispose d'un grand centre hospitalier.

Le nombre de lits disponibles par région est accessible pour 2018 dans la base statistique annuelle des établissements de santé (SAE), même si ces données ont pu légèrement évoluer en raison de la crise sanitaire. Avec les nombres, communiqués par Santé publique France, de patients Covid hospitalisés dans un état grave ce mercredi, on aboutit à un taux d'occupation d'environ 28,5 % en Auvergne-Rhône-Alpes et dans les Hauts-de-France. Mais, dans ces deux régions, il augmente en continu depuis fin août.

De nouvelles mesures de restrictions devraient être prises ces prochains jours dans les métropoles désormais en alerte maximale, comme c'est déjà le cas en région parisienne et à Marseille. A noter également que Clermont-Ferrand et Dijon sont désormais en alerte « renforcée », le niveau juste en dessous.