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Covid-19 : les tests antigéniques, la solution pour améliorer le dépistage ?

La Haute autorité de santé vient de les approuver pour dépister les personnes symptomatiques du Covid.

 Cette technique de dépistage, toujours avec l’écouvillon dans le nez, permet d’avoir des résultats en 30 minutes.
Cette technique de dépistage, toujours avec l’écouvillon dans le nez, permet d’avoir des résultats en 30 minutes. AFP/Jeff Pachoud

Ils ont reçu le tampon « favorable » de la Haute autorité de santé (HAS). Dans les labos, les pharmacies, les tests antigéniques, désormais approuvés, vont permettre de dire en moins de 30 minutes si on a le Covid. Sont-ils la solution dans la stratégie de dépistage, terriblement mise à mal par des embouteillages montre devant les centres médicaux? Qu'est-ce que cela va changer?

Pour qui ?

La HAS donne son feu vert au déploiement et au remboursement de ces tests antigéniques uniquement chez les personnes qui ont des symptômes du Covid. Pourquoi? Tout simplement parce que la haute autorité n'a pas encore les données pour pouvoir évaluer leur efficacité chez ceux qui ne se sentent pas malades. « On espère pouvoir rendre un avis la semaine prochaine », a précisé la présidente Dominique Le Guludec. Dans tous les cas, on sait qu'ils sont « un peu moins bons » que la technique de référence, la PCR, que l'on fait en labo. Les nouveaux ne permettront pas d'échapper au coton-tige dans le nez. Mais voilà, ces désavantages sont compensés par leur rapidité de résultat. Pas besoin de machine lourde en labo, le prélèvement est placé sur une bandelette, pareil à un test de grossesse, qui détecte des protéines du virus.

Fini les files d'attente ?

En tout cas, l'embouteillage devrait se réduire. « Il n'y a pas de solution miracle, mais à chaque fois une amélioration qui fait baisser la pression » sur le dispositif national de tests, commente Dominique Le Guludec. Ils « vont permettre de soulager, désengorger les laboratoires qui sont aujourd'hui complètement saturés par l'activité de PCR », estime le Dr Cédric Carbonneil, chef du service d'évaluation des actes professionnels. En effet, plus besoin d'attendre trois, dix ou même 13 jours un résultat, comme c'est le cas dans certaines régions. Vous faites le test à 12 heures et à 12h30, vous savez si vous êtes positif. Plus besoin non plus de s'isoler pour rien. Et comme on peut faire ce test ailleurs qu'en labo, les files d'attente, très nombreuses notamment en Ile-de-France, devraient fondre sur les trottoirs.

Covid-19 : les tests antigéniques, la solution pour améliorer le dépistage ?

Les biologiques furax

« Je ne comprends pas cette recommandation, d'ailleurs elle est en contradiction avec l'arrêté ministériel qui fixe leur utilisation au dépistage massif », souligne Jean-Michel Pawlotsky, virologue à l'hôpital Henri-Mondor, à Créteil. Pourquoi réserver ce test rapide aux malades alors qu'il en existe un plus fiable ? En effet, les antigéniques détectent surtout des charges virales élevées, en début d'infection. « Le risque c'est qu'un patient, en milieu de maladie, ait un résultat négatif, ce qui n'arrive pas avec la PCR, craint le spécialiste. Il faudrait au contraire, les utiliser en dépistage massif dans la population ».

Ce feu vert des autorités laisse Lionel Barrand, le président du syndicat des jeunes biologistes médicaux, « mi-figue, mi-raisin ». Lui aussi aurait voulu que les antigéniques soient réservés aux personnes qui ne sont pas à risque, comme les voyageurs. « On aurait pu alors se concentrer uniquement sur les malades et leur faire le test de référence, pointe-il, déçu. On va se retrouver à faire de la médecine low-cost ». « Il faut les utiliser à la marge sinon on va passer à côté des positifs, tonne François Blanchecotte, président du syndicat national des biologistes. Nous, on s'est équipés de machines, on ne va pas non plus retourner à la préhistoire ? ».

Une autre nouveauté ?

On le sait, le test salivaire, approuvé la semaine dernière par la Haute autorité de santé, est conseillé à ceux pour qui le test du coton-tige dans le nez est difficile, voire impossible : enfants, personnes vulnérables, très âgées ou avec des troubles cognitifs qui l'acceptent très mal. Mais uniquement si on a de la fièvre, de la fatigue, de la toux, une perte d'odorat. La HAS vient aussi de valider une alternative qui va être aussi proposée aux asymptomatiques dans le même cas, il s'agit du prélèvement oropharyngé. Le coton-tige n'ira plus dans les narines mais au fond de la gorge. Seul petit désagrément : une toux ou un réflexe nauséeux. Selon le professeur Pawlotsky, « c'est une bonne technique quand on n'a pas de solution ».