Covid-19 : le vaccin à ARN Messager de Sanofi ne sera pas prêt en 2021

Comme pour son autre vaccin, à protéine recombinante, le laboratoire français visait une demande d’autorisation au quatrième trimestre.

Covid-19 : le vaccin à ARN Messager de Sanofi ne sera pas prêt en 2021

Les deux vaccins de Sanofi n’étaient attendus qu’à la fin de l’année. Ce dimanche matin, dans le JDD, le PDG du groupe pharmaceutique français annonce que son sérum à ARN messager ne sera pas prêt fin 2021. « Ce vaccin ne sera pas prêt cette année, mais pourrait se révéler utile plus tard, surtout si le combat contre les variants devait se poursuivre », affirme Paul Hudson.

Alors que Pfizer, BioNTech, Moderna et AstraZeneca distribuent déjà leurs vaccins à ARN messager en millions d’exemplaires à de nombreux pays, Sanofi aurait pu se concentrer sur ses autres recherches. Mais Paul Hudson y croit toujours : « Cette technologie, développée avec la biotech Translate Bio, avec laquelle nous sommes associés depuis 2018, a montré la production de concentrations élevées d’anticorps dans le cadre d’études précliniques ». Champion de la recherche contre la grippe, le labo n’a pas obtenu les effets escomptés contre le coronavirus : les résultats des essais cliniques ont montré que la réponse immunitaire n’était pas suffisante pour les personnes âgées. C’est pourquoi mi-décembre, Sanofi misait sur une demande d’autorisation au quatrième trimestre, et non dans les six premiers mois de l’année comme prévu initialement. En attendant, le groupe va aider Pfizer à fabriquer son vaccin.

« Sanofi bashing »

Et « nous allons démarrer dans les prochains jours la nouvelle phase 2 des essais cliniques de notre vaccin à protéine recombinante, développé en partenariat avec GSK », annonce encore le PDG de Sanofi. Celui-ci est toujours annoncé pour le dernier trimestre de cette année.

Dans l’entretien, Paul Hudson se montre chagriné du « Sanofi bashing » qui a cours en ce moment. « On parle de « fiasco » ou de « désastre », au mépris des faits et des données, alors que nos salariés travaillent sans relâche pour développer ce vaccin, et que nous allons accomplir en quelques mois ce qui prend normalement des années ». Interrogé sur la troublante stratégie du groupe, qui a consisté à annoncer la suppression de 400 postes de chercheurs en pleine crise vaccinale, Hudson se défend par les chiffres : « Nous sommes – et de loin – le premier groupe en matière d’investissements en recherche et développement au sein du CAC 40. Nous dépensons 6 milliards d’euros par an dans ce domaine ». Mais « Sanofi n’a pas fait de découvertes majeures depuis vingt ans en France, d’où la nécessité d’y recentrer nos efforts dans les domaines où nous pourrons développer les médicaments les plus innovants », assure-t-il en détaillant « l’immunologie, l’oncologie ou les vaccins ». À condition d’arriver à temps.