Covid-19 : le Mémorial de Caen n’ouvrira plus tous les jours

Au sortir des congés de la Toussaint, le musée consacré à l’histoire du XXe siècle ne sera plus ouvert que les week-ends, vacances et jours fériés. La conséquence d’une fréquentation en chute libre.

 En septembre, le Mémorial de Caen a accueilli moins de 30 % de ses visiteurs habituels selon son directeur général, Stéphane Grimaldi.
En septembre, le Mémorial de Caen a accueilli moins de 30 % de ses visiteurs habituels selon son directeur général, Stéphane Grimaldi. LP/Olivier Boitet

Les salles du Mémorial de Caen sont clairsemées en ce moment. D'ordinaire, le musée, ainsi que le Cinéma circulaire d'Arromanches et le Mémorial des civils de Falaise (gérés par la même société), accueillent environ 650 000 visiteurs chaque année. « Nous en avons perdus 370 000 », déplore, fataliste, le directeur général du Mémorial de Caen, Stéphane Grimaldi.

Au point que le site va adapter ses créneaux d'ouverture sur cette fin d'année. Après les vacances de la Toussaint, il sera juste ouvert les week-ends, congés, et jours fériés. Idem à Arromanches. Novembre marquera le début de l'habituelle fermeture annuelle du musée de Falaise. Pour les deux premiers cités, cette décision forte est dictée par l'effondrement de la fréquentation.

«On espère que les Parisiens viendront à la Toussaint»

« On perd de l'argent tous les jours, glisse Stéphane Grimaldi. En septembre, à Caen, nous avons accueilli moins de 30 % de nos visiteurs habituels. Alors on espère que les Parisiens viendront à la Toussaint pour se refaire un peu la cerise, mais je ne me fais guère d'illusions. » Les perspectives sont très incertaines, voire négatives.

L'automne fait office de premier révélateur de la saison à venir. Cette année, « on n'a quasiment rien. Nous savons que les Américains ne viendront pas. Nous ne sentons pas non plus que les Anglais feront leur retour. On apprend à être pessimistes. D'ailleurs, on a plus intérêt à être pessimistes au moment de faire nos prévisions », lâche encore le directeur général du Mémorial de Caen.

Stéphane Grimaldi : s'inquiète d'autant plus que les difficultés des sites qu'il gère sont un triste écho du marasme du tourisme de Mémoire en Normandie. « J'ai rencontré les responsables des musées locaux de la Seconde Guerre mondiale. Tous ont vécu une catastrophe. L'hiver sera très long. »

Autocaristes et voyagistes souffrent aussi énormément

La société gestionnaire du Mémorial de Caen et des sites d'Arromanches et Falaise a perdu sept millions d'euros de chiffre d'affaires (sur environ 11 millions d'euros une année classique). Autour d'elle, différents prestataires, comme des autocaristes ou des voyagistes, souffrent aussi énormément. « Certains vont disparaître. » Or, ils amènent des milliers de visiteurs. De quoi fragiliser une potentielle reprise, à tout le moins un sursaut.

L'exposition « La libération de la peinture, 1945-1962 », au Mémorial de Caen, a été prolongée jusqu'en février. Mais elle ne suffira pas à attirer assez de monde. Au mois de mars, le gestionnaire avait tablé sur plusieurs scénarios. Le plus noir prévoyait tout de même un bon dernier trimestre 2020. La fin d'année sera finalement synonyme d'une fermeture partielle, presque devenue inexorable.