Covid-19 : le littoral des Alpes-Maritimes confiné les deux prochains week-ends

Plusieurs villes des Alpes-Maritimes, dont Nice, vont devoir se confiner le week-end pour limiter la propagation du virus et de ses variants plus contagieux.

Des week-ends à la maison, loin des bords de plage. Après la visite du ministre de la Santé, Olivier Véran, ce samedi et des concertations avec des élus locaux, la préfecture des Alpes-Maritimes a décrété que plusieurs villes du littoral du département vont devoir se confiner les week-ends des 27 et 28 février ainsi que des 6 et 7 mars, a annoncé le préfet du département ce lundi midi.

Ces confinements de fin de semaine seront mis en place à Nice et dans l’ensemble des communes de l’aire urbaine littorale, de Menton à Théoule-sur-Mer, à compter de vendredi 18 heures, indique le préfet lors d’une conférence de presse donnée ce lundi midi. La zone concernée englobe près de 90% de la population du département.

« Ce confinement partiel prendra effet le vendredi soir à 18 heures jusqu’au lundi matin à 6 heures », précise le représentant de l’Etat. Les sorties seront autorisées pour les personnes munies d’attestation et dans le cadre de mesures dérogatoires, « dans les mêmes conditions que lors du confinement du mois de mars », indique le préfet, Bernard Gonzales.

Des restrictions pour le commerce et le déplacement transfrontalier

D’autres mesures sont mise en place, notamment sur le plan du commerce. Dès ce mardi, les commerces et galeries marchandes de plus de 5000 m² ferment leurs portes, à l’exception des commerces alimentaires et des pharmacies. L’ensemble de ces commerces sont autorisés à maintenir le click and collect et la livraison à domicile. Ceux dont la surface leur permet de rester ouverts devront revoir à la baisse leurs jauges d’accueil de visiteurs simultanés.

Le préfet prévoit également de considérablement renforcer les contrôles aux frontières par les voies routières, ferroviaires mais également aériennes. Le port du masque devient par ailleurs obligatoire dans toutes les Alpes-Maritimes.

Des livraisons massives d’AstraZeneca à venir dans le département

« J’ai pleinement à l’esprit que nos concitoyens sont déjà éprouvés par les restrictions », affirme Bernard Gonzales, qui annonce ces mesures « après une large concertation » avec le corps médical et les élus du département. « L’accélération de la campagne vaccinale est véritablement nécessaire », en profite pour marteler le préfet, qui précise par ailleurs que « des livraisons massives de vaccins AstraZeneca » doivent être effectuées par « milliers » dans les prochains jours.

Le département enregistre un taux d’incidence nettement plus élevé que la moyenne française, avec environ 600 cas pour 100 000 habitants. Il est encore plus important dans la métropole niçoise, avec plus de 700 cas positifs pour 100 000 habitants, plus de trois fois la moyenne nationale (190), tandis qu’environ 10 % des tests de dépistage s’avèrent positifs (contre 6 % pour l’ensemble de la France), dans un contexte de diffusion du variant britannique, plus contagieux.

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« La situation épidémique dans le département s’est considérablement dégradée, rappelle le préfet des Alpes-Maritimes. Ce dernier fait état d’une « situation très inquiétante », en témoigne le taux d’incidence, « le plus élevé de France métropolitaine » et des services hospitaliers « proches de la saturation ».

« L’épidémie est hors de contrôle » dans le département, « ça veut dire que les mesures prises depuis quelques semaines ne suffisent pas […] si on veut éviter le débordement des hôpitaux », expliquait samedi soir sur BFMTV Rémi Salomon, président de la commission médicale de l’AP-HP.

« Une méthode par défaut »

Cette mesure de reconfinement local divise les élus. Le maire LR de Nice, Christian Estrosi, s’y est prononcé favorable à plusieurs reprises, car, selon lui, la mise sous cloche les samedis et dimanches des communes du littoral, de Menton à Théoule-sur-Mer, peut décourager l’afflux de touristes.

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Mais le maire LR d’Antibes, Jean Leonetti, lui, dit s’être « opposé à ce confinement parce que c’est un pis-aller ». « C’est une méthode par défaut, parce qu’on n’a pas donné les moyens hospitaliers et les moyens de vaccination. Si on vaccinait de manière massive, on n’aurait pas besoin de faire ces « stop-and-go » et cette permanence de confinements et de déconfinements », a-t-il fustigé auprès d’Europe 1.

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Au niveau national, « la tendance n’est pas bonne », a admis Gabriel Attal au Grand Jury RTL - LCI - Le Figaro, reprenant les mots d’Olivier Véran samedi à Nice. Plus de 22 300 nouveaux cas de contaminations ont été enregistrés samedi, après 24 100 la veille et 21 200 le samedi précédent, et la pression hospitalière reste à un niveau élevé. « La tendance n’est malheureusement pas à desserrer la contrainte », a ajouté le porte-parole du gouvernement, réitérant que l’objectif du gouvernement est, autant que possible, d’éviter un troisième confinement.

Vendredi, l’Elysée avait dit se donner 8 à 10 jours pour décider si les contraintes actuelles devaient être relâchées ou resserrées, selon des parlementaires de la majorité, qui ont participé à une vidéoconférence avec la présidence de la République. Gabriel Attal a également défendu la stratégie vaccinale, assurant que « la France est le pays de l’UE dans lequel il y a eu le plus » de premières injections du vaccin et que l’autorisation prochaine de nouveaux vaccins pourrait représenter « une lumière au bout du tunnel ».