Covid-19 : le Conseil scientifique demande de limiter les contacts pour éviter des mesures radicales

« Aujourd’hui, le ralentissement de la circulation du virus reste à portée de main, mais plus pour très longtemps sans doute », met en garde l’instance.

 Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy.
Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. AFP/Ludovic Martin

Le Conseil scientifique agite la menace de restrictions encore plus fortes dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. Il faut limiter le nombre de gens fréquentés, notamment la famille et les amis, pour éviter que la maladie devienne hors de contrôle et ne nécessite des mesures plus drastiques, recommande-t-il.

« Aujourd'hui, le ralentissement de la circulation du virus reste à portée de main, mais plus pour très longtemps sans doute », met en garde l'instance qui conseille les pouvoirs publics. Alors que l'épidémie repart à la hausse, avec la menace d'une saturation du système hospitalier, elle définit quatre options pour agir, de la plus minimaliste (aucune mesure supplémentaire) à la plus radicale (couvre-feu, voire confinement, au moins territorial).

Le Conseil scientifique se prononce pour la troisième option, « une addition de mesures modérées, faisant appel à l'adhésion volontaire et, en cas de besoin, à des mesures contraignantes ». « A ce stade, le Conseil scientifique n'envisage pas de proposer l'option 4 du couvre-feu voire du confinement au plan national, mais ne peut en exclure son utilisation dans certaines métropoles et bien sûr en cas de dégradation ultérieure », prévient-il. Comme il l'a déjà dit, le Conseil scientifique rappelle qu'un nouveau confinement généralisé n'est « pas souhaitable et qu'il serait le résultat d'un échec de la maîtrise de l'épidémie ».

Bars et restaurants sont « des lieux de contamination »

Selon ses recommandations, « les personnes sont fortement invitées à limiter volontairement le nombre de leurs contacts sociaux au cours d'une période donnée, notamment lors de réunions familiales et amicales, qui sont identifiées comme des moments de contamination, car la distance physique et le port du masque y sont moins respectés ».

En outre, « le nombre de personnes autorisées à se rassembler peut être réduit dans certains territoires, qu'il s'agisse de rassemblements publics ou de réunions privées, lors d'événements sportifs, culturels ou festifs par exemple ».

« Les bars et restaurants ont été identifiés comme des lieux de contamination même si des données restent rares », ajoute-t-il. Il y prône « un respect plus strict des règles de distanciation physique ainsi que l'instauration d'horaires d'ouverture limités ».

Recourir au télétravail et protéger les Ehpad

Entre la rédaction de cet avis et sa publication jeudi, certaines de ces mesures ont déjà été prises par le gouvernement pour les régions les plus touchées. « Tout retard se traduirait par la nécessité, pour produire les mêmes effets, de mesures ultérieures plus fortes et de plus longue durée que celles qui auraient été prises plus tôt », souligne le Conseil.

Dans le pire scénario, « on s'attend à ce qu'au 1er novembre, les besoins de lits de réanimation soient de 1650 en Auvergne-Rhône-Alpes, 2250 en Ile-de-France, 780 en Nouvelle-Aquitaine, 340 en Occitanie et 600 en Provence-Alpes-Côte d'Azur », selon des projections du Conseil. Actuellement, la France dispose d'environ 5000 lits. Ces projections ne tiennent toutefois pas compte des mesures prises depuis la rédaction de l'avis.

Enfin, le Conseil préconise le recours au télétravail, un « plan de protection des Ehpad » (avec un « dépistage systématique » des personnels pour éviter la contamination des résidents) et « une protection renforcée des personnes à risque de formes graves » (âgées ou en mauvaise santé).