Covid-19 : l’Allemagne ferme en partie ses frontières

Les Allemands, face aux variants du Covid-19, ont décidé dimanche de fermer leur frontière avec la République tchèque et le Tyrol autrichien. La Moselle voisine, avec une forte présence du variant sud-africain, pourrait bientôt voir des contrôles renforcés.

L'Allemagne a décidé de fermer en partie ses frontières avec le Tyrol autrichien et la République Tchèque.
L'Allemagne a décidé de fermer en partie ses frontières avec le Tyrol autrichien et la République Tchèque. Reuteurs/Ralph Brock

C’est une décision qui devrait faire couler beaucoup d’encre au sein des institutions européennes. L’Allemagne a décidé, ce dimanche, de fermer ses frontières avec la République Tchèque et le Tyrol autrichien, pour tenter de contenir la diffusion des très contagieux variants du coronavirus.

« Les personnes qui ne font pas partie des quelques exceptions autorisées ne pourront pas entrer » sur le territoire allemand, a prévenu le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer dans l’édition dominicale du quotidien Bild. Seuls autorisés à passer les Allemands, les personnes résidant dans le pays ainsi que les frontaliers et professions jugées stratégiques, comme le transport de marchandises, sous condition de pouvoir présenter un test PCR négatif très récent au coronavirus.

Des contrôles sont menés au niveau des frontières. Un millier de policiers sont mobilisés. La compagnie ferroviaire Deutsche Bahn a suspendu ses liaisons avec ces zones et dimanche matin la police effectuait des contrôles aux arrivées de l’aéroport de Francfort.

Bientôt une fermeture des frontières avec la Moselle ?

Ces restrictions ont été décidées en raison des craintes du gouvernement allemand d’une nouvelle vague de contamination au Covid-19 provenant des variants britannique et sud-africain du virus. Or la République Tchèque, la Slovaquie et la région autrichienne du Tyrol sont considérées par Berlin comme à haut risque.

La Moselle, à proximité immédiate de l’Allemagne, pourrait aussi voir sa frontière contrôlée dans les prochains jours, en raison de l’importante présence du variant sud-africain. « Il faut empêcher au mieux toute nouvelle intrusion », fait valoir le ministre de l’Intérieur du Bade-Wurtemberg, une région voisine de la Bavière.

L’Union européenne critique le choix allemand

Ces mesures frontalières ne sont pas du goût de l’Union européenne, qui craint comme au printemps 2020 la tentation du « chacun pour soi » des pays du bloc face à la pandémie. « Je peux comprendre la peur face aux mutations du coronavirus mais il faut dire la vérité qui est que le virus ne se laissera pas arrêter par des frontières fermées », a déploré la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides, dimanche dans le quotidien allemand Augsburger Allgemeine.

Ces critiques ont provoqué l’ire du ministre allemand de l’Intérieur, au moment où la Commission européenne est elle-même sous le feu des critiques en Allemagne pour la lenteur de la campagne de vaccination. « Maintenant ça suffit ! » s’est exclamé Horst Seehofer dans le quotidien Bild, la Commission « a commis assez d’erreurs » comme cela « et devrait nous soutenir plutôt que nous mettre des bâtons dans les roues avec ses conseils ».

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L’Allemagne vient chez elle de décider de maintenir jusqu’au 7 mars au moins l’essentiel du confinement partiel de sa population face à la pandémie, même si le nombre d’infections recule lentement.