Covid-19 : la campagne vaccinale va-t-elle enfin décoller en mars ?

Le mois de février s’annonce encore difficile sur le front de la vaccination contre le Covid-19, mais le ministère de la Santé prévoit une nette accélération en mars.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Si le ministère de la Santé se refuse à fixer un objectif précis, il espère lever une bonne partie des contraintes qui pèsent sur la campagne de vaccination.
Si le ministère de la Santé se refuse à fixer un objectif précis, il espère lever une bonne partie des contraintes qui pèsent sur la campagne de vaccination. LP/Arnaud Dumontier

Vu des centres de vaccination qui tournent au cinquième de leur potentiel ou des personnes qui se connectent jour et nuit sur des plateformes de réservation pour tenter en vain d'arracher un rendez-vous, la promesse d'Emmanuel Macron de vacciner tous les Français volontaires « avant la fin de l'été » ressemble à un mirage. De la même manière, le climat d'optimisme, voire de satisfaction, qui se dégage du ministère de la Santé, tranche avec les 15,6 millions de connexions rien que sur le site Sante.fr pour seulement 2,3 millions de rendez-vous délivrés.

« Cette campagne avance et elle avance à un rythme soutenu, maintient le ministère. On va avoir un mois de mars qui ne ressemblera pas à février. Il existe un ensemble de contraintes qui va se desserrer. On sait que c'est compliqué pour les gens qui voudraient être vaccinés vite. Notre engagement, c'est qu'à chaque fois qu'on reçoit une dose, on fasse tout pour qu'elle arrive le plus vite possible dans le bras d'une personne. »

La DGS promet une courbe exponentielle

La mise en circulation d'AstraZeneca et l'accélération de Pfizer permettent à la Direction générale de la santé (DGS) de tabler sur une courbe exponentielle le mois prochain. Pour février, les stocks permettent seulement de procéder à la deuxième injection pour 1,4 million de patients déjà « à moitié » immunisés en janvier, ainsi qu'à 1 million de premières piqûres. Ces dernières devront bien sûr être couplées d'une deuxième dose en mars, à piocher parmi les 4,9 millions d'unités de Pfizer ou Moderna qui seront reçues au cours de ce mois charnière.

Le ministère de la Santé refuse de fixer un objectif face aux incertitudes de livraison et aux aléas, mais le solde disponible doit permettre l'accès à une première dose en mars à au moins autant de Français que sur janvier et février réunis (2,5 millions d'individus). Ces vaccins ARN sont toujours en priorité destinés aux plus de 75 ans qui représentent plus de 6,5 millions de candidats potentiels.

PODCAST. La campagne de vaccination en France est-elle un échec ?

AstraZeneca, officiellement mis sur le marché cette semaine, doit offrir une double respiration, en volume et en modalités d'injection. La Haute Autorité de santé (HAS) a orienté ce produit, faute de données suffisantes pour les plus de 65 ans, vers les soignants et les personnes de 50 à 65 ans (en priorité les plus fragiles). La première livraison de 465 000 doses d'ici à une semaine sera une première étape, mais là encore, février servira de rodage.

Alain Fischer, à la tête du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale évoque des premières piqûres « aux alentours de la mi-février ». « Les conditions de transport et de conservation d'AstraZeneca sont beaucoup plus simples que celles des vaccins ARN qui sont utilisés jusqu'à présent et cela devrait permettre dans quelques semaines aux médecins généralistes ou aux pharmaciens de procéder aux vaccinations », indique l'immunologue sur France 2.

Avril, vrai point de bascule

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) doit donner son feu vert la semaine prochaine à sa mise à disposition dans le réseau pharmaceutique, qui ne pourra se faire que lorsqu'un volume de doses suffisant sera disponible. Le ministère de la Santé, aidé par des logisticiens de l'armée, fourmille d'idées pour déployer ce sérum qui se conserve entre 2 et 8 degrés, par exemple par le biais de bus transformés en unités mobiles de vaccination.

Newsletter L'essentiel du matin
Un tour de l'actualité pour commencer la journée
Toutes les newsletters

Pour l'instant, les parents pauvres de la stratégie vaccinale sont les 7,5 millions de Français âgés de 65 à 75 ans, trop jeunes pour prétendre aux rares doses de Pfizer ou Moderna et privés d'AstraZeneca faute de garanties suffisantes. Si le gouvernement maintient sa logique de priorité aux plus vulnérables, l'espoir de voir s'ouvrir les portes d'un centre de vaccination se situe plutôt pour eux à l'horizon du mois d'avril. La France engrangera alors 11,8 millions de doses de Pfizer et Moderna.