Covid-19 : l’OMS veut s’attaquer à la forme longue de la maladie

Le profil des personnes concernées par les séquelles à long terme diffère de celui des malades les plus exposés aux formes graves du Covid-19.

 Genève (Suisse), le 29 janvier. Janet Diaz, docteure à l’OMS, s’occupe du dossier des séquelles à long terme du Covid-19.
Genève (Suisse), le 29 janvier. Janet Diaz, docteure à l’OMS, s’occupe du dossier des séquelles à long terme du Covid-19. AFP/Fabrice Coffrini

C'est une des conséquences possibles du Covid-19 : garder des séquelles pendant une durée indéterminée. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'il est temps de se pencher sérieusement sur le problème.

Outre le problème des variants de la maladie et les campagnes de vaccination, le « Covid long » mérite tout autant l'attention urgente de la communauté scientifique, explique Janet Diaz, responsable de l'équipe clinique chargée de la riposte au Covid-19, devant le siège de l'OMS à Genève (Suisse), et pas à l'intérieur, précautions sanitaires obligent.

Elle plaide pour un effort unifié à l'échelle mondiale pour tenter de trouver des réponses alors « que nous ne savons toujours pas vraiment ce qu'est le Covid long ». Si quelques études commencent à lever un coin du voile, on ne sait toujours pas vraiment pourquoi certains malades atteints du Covid-19, affichent ensuite, pendant des mois, des symptômes comme une fatigue extrême, des difficultés respiratoires ou des troubles neurologiques et cardiaques parfois très sévères.

« C'est une pathologie dont il faut mieux comprendre la cause »

« Il y a encore beaucoup à apprendre, mais j'ai confiance dans la mobilisation de la communication scientifique », espère la docteure Diaz. Un des signes de ces tâtonnements est que le « Covid long » n'a pas encore de vrai nom. L'OMS parle de syndrome post-Covid-19 dit « Covid-19 de longue durée », dans un récent document sur ses nouvelles recommandations. « Covid long » est l'expression la plus usitée ; celle de « Covid au long cours » est aussi utilisée.

L'OMS organise le 9 février le premier séminaire virtuel consacré à ce problème. Il rassemblera des cliniciens, des chercheurs et des experts pour trouver une définition de la maladie, lui donner un nom formel et harmoniser les méthodes pour l'étudier. « C'est une pathologie qui nécessite d'être mieux décrite, dont on a besoin de savoir combien de personnes sont affectées, dont il faut mieux comprendre la cause pour que nous puissions améliorer la prévention, la gestion et les façons de la soigner », souligne l'urgentiste américaine de 48 ans. Les études disponibles montrent qu'environ 10 % des malades ont des symptômes un mois après avoir été infectés mais leur durée de persistance possible demeure inconnue.

Ce qui est déconcertant avec le « Covid long », c'est que le profil des patients qui en souffrent ne se superpose pas à celui des personnes aux profils les plus vulnérables : les personnes âgées et celles concernées par des facteurs aggravants. Cela frappe des gens qui ont été malades du Covid à divers degrés « et inclut également des gens plus jeunes », y compris des enfants, explique Janet Diaz.

La guérison au bout du tunnel

Le symptôme le plus fréquent semble être la fatigue. Mais d'autres signes ont été relevés : épuisement ou malaise après un effort physique, difficultés à penser clairement, souffle court, palpitations cardiaques et problèmes neurologiques. « Ce qu'on ne comprend pas c'est comment toutes ces choses sont liées. Pourquoi est-ce que quelqu'un aurait ceci et un autre cela ? », s'interroge la docteure. « Est-ce que c'est dû au virus ? A la réponse immunitaire ? Si nous en savions plus nous pourrions commencer à identifier certaines interventions pour réduire les symptômes », souligne-t-elle, notant « qu'une quantité énorme » de recherches est en cours.

L'élan a été donné par les malades eux-mêmes. Plusieurs se sont regroupés pour faire valoir leurs droits à une réponse et des soins. « Cela a été un mouvement phénoménal », reconnaît la docteure, qui a pris la charge de ce dossier en octobre à l'OMS. « Actuellement nous avons probablement assez de données pour commencer à assembler les pièces du puzzle » sur le « Covid long », estime-t-elle.

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Outre une définition précise et un nom, le séminaire du 9 février doit aussi permettre de s'accorder sur les normes pour recueillir les données de surveillance des malades afin de commencer à trouver les moyens de soigner. Des donateurs seront présents parce qu'il va falloir trouver de l'argent rapidement. « Les gens ont parfois des symptômes pendant très longtemps, mais nous savons qu'ils guérissent. Cela prend peut-être beaucoup de temps, mais ils guérissent. »