Covid-19 : l’Europe envisage de premières vaccinations «au premier trimestre 2021»

Il s’agit d’un scénario « optimiste ». En attendant, l’Europe demande de respecter les restrictions, même si elles sont « difficiles »

 L’Américain Pfizer et l’Allemand BioNTtech ont annoncé avoir créé un vaccin efficace à 90 % contre le nouveau coronavirus. (illustration)
L’Américain Pfizer et l’Allemand BioNTtech ont annoncé avoir créé un vaccin efficace à 90 % contre le nouveau coronavirus. (illustration) Reuters/Dado Ruvic

Alors que la perspective d' un vaccin contre le Covid-19 prend forme, l'Union européenne (UE) s'organise. Les premières vaccinations contre le Covid-19 dans l'UE pourraient avoir lieu « au premier trimestre 2021 », dans un scénario « optimiste », affirme ce mercredi la directrice de l'agence européenne en charge des épidémies.

La situation de l'épidémie sur le Vieux continent est « très très inquiétante et tous nos indicateurs vont dans le mauvais sens », a par ailleurs affirmé Andrea Ammon, directrice du Centre européen de contrôle des maladies (ECDC). Elle appelle ainsi les Européens à respecter scrupuleusement les restrictions en place, « aussi difficile que ce soit ».

Dans la situation actuelle, « cela pourrait prendre plus de temps pour faire baisser le nombre de cas » que lors de la première vague de mars-avril, a prévenu la responsable sanitaire. Quant au chemin vers de premières vaccinations européennes, il est encore long et incertain et « pourrait prendre quelques mois ». « En étant optimiste, premier trimestre de l'an prochain mais je ne peux pas être plus précise », a-t-elle affirmé.

Vaccin contre le Covid-19 : « Les soignants seront prioritaires » selon une experte

Une source européenne a indiqué mardi à l'AFP qu'une autorisation d'un vaccin dans l'UE pourrait avoir lieu « début 2021 », après l'annonce d'un vaccin à 90 % efficace par l'Américain Pfizer et l'Allemand BioNTtech qui a redonné l'espoir face à la pandémie. Les autorités américaines parlent, elles, de « quelques semaines ».

Le vaccin « ne sera pas la panacée »

L'annonce de Pfizer est « bien sûr prometteuse », se réjouit Andrea Ammon. Toutefois, « c'est un communiqué de presse et pas une peer review (NDLR : étude publiée et validée par les pairs) donc il faut voir quelle sera l'évaluation finale ».

Après la fin des essais de phase 3, l'Agence européenne du médicament devra encore évaluer les résultats et donner, ou non, une autorisation de mise sur le marché. « Ensuite il faudra commencer la production et, seulement à ce moment-là, on pourra commencer à vacciner », souligne la responsable épidémiologique. La Commission européenne a annoncé mercredi avoir approuvé un contrat avec Pfizer et BioNTech, pour acheter jusqu'à 300 millions de doses de leur vaccin.

Interrogée au même moment à Bruxelles (Belgique), la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a également affiché sa prudence, même si « l'espoir est là ». « Même quand nous aurons un vaccin sûr et efficace, ce ne sera pas la panacée qui va faire disparaître le Covid-19 en une journée », a-t-elle prévenu.

En lien avec les autorités nationales, l'ECDC procède à l'élaboration des règles pour définir les groupes prioritaires pour y avoir accès. « De façon générale, il s'agit des populations vulnérables et des personnels sanitaires. Mais nous essayons de définir ça mieux, car ces groupes-là sont encore assez nombreux », explique Andrea Ammon.

Selon le dernier pointage de l'ECDC, tous les pays de l'UE sauf la Finlande et l'Estonie, ainsi que le Royaume-Uni suscitent une « forte inquiétude » pour leur situation épidémique. Tous les différents indicateurs de l'UE, à savoir le taux de tests positifs, le pourcentage de personnes âgées dans le nombre total de cas, le taux d'hospitalisation et la mortalité « sont en hausse » et « le pic n'est pas atteint ».