Covid-19 : l’essai du vaccin de Johnson & Johnson interrompu car un participant est malade

Une étude doit déterminer si le vaccin est en cause et si l’essai peut reprendre ou doit être arrêté.

 Irvine (Californie, Etats-Unis). Le recrutement de volontaires pour la phase 3 des essais cliniques de Johnson & Johnson a débuté fin septembre. Il a fallu engager 60 000 participants sur plus de 200 sites aux Etats-Unis, et dans d’autres pays.
Irvine (Californie, Etats-Unis). Le recrutement de volontaires pour la phase 3 des essais cliniques de Johnson & Johnson a débuté fin septembre. Il a fallu engager 60 000 participants sur plus de 200 sites aux Etats-Unis, et dans d’autres pays. AFP/Mark Ralston

La quête d'un vaccin contre le Covid-19 est un chemin semé d'embûches. Le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson a annoncé dans la nuit de lundi à ce mardi la suspension de son essai clinique après que l'un des participants est tombé malade.

« Nous avons interrompu temporairement le dosage supplémentaire dans tous nos essais cliniques d'un vaccin expérimental contre le Covid-19, y compris l'ensemble de l'essai de phase 3 (NDLR : la dernière pour l'élaboration d'un vaccin), en raison d'une maladie inexpliquée chez un participant », a déclaré le groupe dans un communiqué. Cette suspension entraîne la fermeture du système d'inscriptions en ligne pour recruter des participants, tandis que le comité indépendant pour la sécurité des patients a été saisi.

Des événements indésirables graves sont « une composante attendue de toute étude clinique, spécialement les études d'ampleur », a indiqué Johnson & Johnson. Les protocoles en vigueur dans la compagnie prévoient qu'une étude soit faite afin de déterminer si l'événement indésirable grave est lié au médicament évalué et s'il est possible de reprendre l'essai.

60 000 personnes participent à cet essai

Le recrutement de volontaires pour la phase 3 des essais cliniques de Johnson & Johnson a débuté fin septembre. Il a fallu engager 60 000 participants sur plus de 200 sites aux Etats-Unis, et dans d'autres pays. Des essais se déroulent également en Argentine, au Brésil, au Chili, en Colombie, au Mexique, au Pérou et en Afrique du Sud.

Johnson & Johnson est ainsi devenu le 10e groupe dans le monde à conduire des essais de phase 3 contre le Covid-19, le 4e aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont accordé 1,45 milliard de dollars (environ 1,5 milliard d'euros) de financement à Johnson & Johnson, dans le cadre de l'opération de la présidence américaine pour produire des vaccins, l'opération Warp Speed.

Son candidat vaccin est basé sur une dose unique d'un adénovirus, responsable du rhume, modifié de telle sorte qu'il ne puisse pas se répliquer. Il est combiné à une partie du coronavirus Sars-CoV-2 appelée protéine de pointe (ou « spike ») que celui-ci utilise pour pénétrer dans les cellules humaines. Le laboratoire Johnson & Johnson a eu recours à la même technique pour son vaccin contre la fièvre hémorragique Ebola, dont la commercialisation a été approuvée par la Commission européenne en juillet.

En septembre, les essais cliniques du candidat vaccin contre le Covid-19 développé par AstraZeneca et l'université d'Oxford, considéré comme l'un des plus prometteurs, ont également été interrompus après qu'un participant britannique a développé une pathologie inexpliquée. Ces essais ont repris au Japon début octobre mais pas aux Etats-Unis où le géant pharmaceutique dit collaborer avec l'autorité du médicament.