Covid-19 : les livraisons et vente à emporter des restaurants interdits à Paris à partir de 22 heures

La maire PS de Paris Anne Hidalgo a donné son accord à cette nouvelle restriction décidée par la préfecture de police, et qui prendra effet dès vendredi soir.

 Les établissements concernés devront tirer le rideau à partir de 22 heures jusqu’à 6 heures le lendemain.
Les établissements concernés devront tirer le rideau à partir de 22 heures jusqu’à 6 heures le lendemain. LP/Aurélie Audureau

En plus du confinement, de nouvelles mesures de restriction pour endiguer l'épidémie de Covid-19 vont être mises en place à Paris.

A compter de ce vendredi, les activités de livraison et vente à emporter de tous les produits préparés par les restaurants et débits de boissons et les établissements flottants (péniches) seront interdits, à partir de 22 heures et jusqu'à 6 heures le lendemain. « En pratique, cet arrêté impose donc la fermeture totale de ces établissements entre 22 heures et 6 heures », précise la préfecture de police de Paris. Qui indique également que la vente de boissons alcooliques et leur consommation sur la voie publique sont aussi concernées par cette interdiction.

Ce qui justifie cette nouvelle mesure, explique la préfecture, c'est que « les services de police ont constaté, particulièrement en soirée et pendant la nuit, des déplacements et des regroupements de personnes (livreurs, clients…) dans et aux abords de ces établissements, alors que la situation sanitaire exige de limiter les interactions sociales à ce qui est strictement nécessaire ».

La vente à emporter de boissons alcooliques, notamment par des épiceries de nuit, « est susceptible de favoriser des regroupements nocturnes, sans respect des gestes barrière, sur la voie publique voire dans la sphère privée », poursuit le communiqué.

Un constat « partagé avec la maire de Paris », comme l'a confirmé l'intéressée ce jeudi matin sur BFMTV-RMC.

« On a de nouvelles restrictions sur Paris et la petite couronne décidées hier. Le préfet de police m'a demandé mon avis et j'ai donné mon accord », a indiqué la maire socialiste de la capitale, précisant que l'arrêté lui avait été soumis mercredi soir.

Dans le viseur de l'arrêté préfectoral, qui devrait bientôt être publié, certaines « petites épiceries », « supérettes », certains « débits de boissons », ou lieux de restauration à emporter, où des « attroupements » et des « débordements » ont été constatés après l'entrée en vigueur du confinement, indiquait Anne Hidalgo.

« C'est bien un couvre-feu… »

La journée de mardi a été marquée par un cafouillage gouvernemental sur le couvre-feu. Le porte-parole Gabriel Attal avait annoncé le retour de cette mesure pour Paris. Avant que Matignon ne démente, renvoyant une possible décision à la concertation avec la mairie de Paris, courroucée par cette annonce impromptue.

« Une journée d'agitation pour rien. La coordination avec la mairie de Paris a duré 48 heures mais au final on adopte la mesure qui était envisagée dès mardi. C'est bien un couvre-feu pour éviter les attroupements nocturnes », estime ce jeudi une source gouvernementale.

« Je ne sais pas si c'est un couvre-feu parce que ça ne concerne pas toutes les activités de la ville », a jugé plus tôt dans la matinée Anne Hidalgo.

« En réalité ce que souhaite le préfet de police ce n'est pas un couvre-feu, c'est éviter les attroupements », a estimé la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (Libres !), qui a donné « tout (son) accord pour réguler les situations qui posent des problèmes sanitaires ».