Covid-19 : des tests salivaires pour les enfants dès la rentrée des vacances d’hiver

Des tests spéciaux vont être déployés dans les écoles après les vacances, alors que le nombre de classes fermées pour cause de Covid-19 a plus que doublé en une semaine.

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 Ces tests s'effectueront à partir de prélèvements par la salive, par crachat ou pipetage, par exemple sur la langue. (Illustration)
Ces tests s'effectueront à partir de prélèvements par la salive, par crachat ou pipetage, par exemple sur la langue. (Illustration) ISTOCK

« S'enfoncer quelque chose de 15 cm dans le nez n'est pas naturel, cela effraie déjà les adultes, alors les enfants… » Depuis que le gouvernement a annoncé, mi-janvier, un « dépistage massif » dans les écoles avec le déploiement de 300 000 tests par semaine, soit 1 million par mois, il se heurte à un écueil : « Les plus jeunes sont réticents au prélèvement nasopharyngé, c'est une méthode intrusive à cause de la longueur de l'écouvillon que l'on doit enfoncer dans les narines », résume-t-on dans l'entourage du ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer.

Pour y remédier, les autorités planchent sur un test salivaire adapté aux écoliers, qui doit être déployé en masse d'ici le retour des vacances de février. C'est ce qu'a annoncé Olivier Véran, ministre de la Santé, lors du point presse de jeudi soir alors que de plus en plus de classes ferment à cause du Covid-19. Selon les chiffres publiés ce vendredi matin, le pays en compte 934, contre moitié moins (444) une semaine auparavant. 105 établissements sont totalement fermés : 83 écoles, 16 collèges et 6 lycées.

Des freins aux tests

La crainte de l'écouvillon existe, même si elle n'est pas réellement fondée, nous confirme Saphia Guérichi, infirmière scolaire et secrétaire générale du Snics-FSU, syndicat majoritaire de la profession. « Cette pratique n'est pas agréable, cela freine les tout-petits. Mais cela ne fait pas mal : c'est plus de l'ordre de la gêne. » Résultat : lors d'une opération de tests dans un établissement, seuls « 20 à 30 % des élèves y participent », chiffre-t-on au ministère. Autre facteur qui plombe la participation au dépistage : le volontariat pour y prendre part. Car en cas de suspicion de Covid-19, les concernés « vont plus facilement se rendre dans un laboratoire qu'ils ne se feraient tester dans l'école ».

Côté calendrier, si l'avis de la HAS est attendu sous dix jours, l'Etat n'attendra pas pour se préparer. « Nous nous équiperons et déploierons ces techniques pour qu'au retour des vacances scolaires, on puisse réaliser plusieurs centaines de milliers de tests », a annoncé le ministre de la Santé. La Rue de Grenelle précise que ces dépistages ne seront « pas généralisés », mais « ciblés » par l'Agence régionale de santé (ARS), soit en cas de cluster, soit à l'aveugle si le nombre de cas est en forte hausse dans un secteur.

A quoi ressembleront-ils ? Il s'agit d'un prélèvement par la salive, par crachat ou pipetage, par exemple sur la langue. Pour les résultats, les échantillons seront, comme pour le test nasopharyngé, envoyés en laboratoire pour analyse. Enfin, se pose la question des moyens humains pour réaliser ces tests. Car les infirmières scolaires sont sursollicitées. « Le dépistage du Covid-19, c'est du temps en moins pour notre métier de base : l'écoute et l'accompagnement des élèves, soupire Saphia Guérichi. Un dépistage mobilise parfois sept infirmières scolaires pour à peine cent tests ! Si l'on prévoit de les multiplier, il faudrait faire appel aux infirmiers libéraux. »