Covid-19 : ces grandes villes où l’épidémie « ralentit »

L’incidence de l’épidémie semble décroître dans certaines grandes métropoles françaises. Un constat récent, pour l’instant sans conséquence sur les hospitalisations, toujours en hausse.

 Saint-Denis, mercredi 4 novembre 2020. Un centre de dépistage pratique les tests antigéniques.
Saint-Denis, mercredi 4 novembre 2020. Un centre de dépistage pratique les tests antigéniques. LP

Interrogé au micro de l'émission « Questions Politiques », Olivier Véran rappelait dimanche midi qu'il était « trop tôt » pour juger des effets du reconfinement. Mais il a tout de même mentionné « une forme de ralentissement de la progression de l'épidémie […], de frémissement », bref, un très léger coup de frein dans la circulation du virus qui pourrait être confirmé par le Premier ministre lors de sa conférence de presse ce jeudi.

Ce phénomène « ne fait pas de doute » dans certaines grandes métropoles, à commencer par Paris, selon David Heard, directeur de la communication de l'Agence Régionale de Santé d'Ile-de-France. Martin Hirsch, directeur de l'AP-HP, faisait le même constat lundi matin.

L'épidémie freine dans la plupart des métropoles, elle décroît même dans certaines

Au-delà de Paris, ce sont plusieurs grandes villes qui sont concernées par ce « frémissement » très récent de l'incidence, soit le nombre de personnes testées positives sur une tranche de la population sur une semaine. Considérablement touché, Lille semble avoir atteint un pic à la toute fin du mois d'octobre, tout comme Toulouse et Montpellier.

Covid-19 : ces grandes villes où l’épidémie « ralentit »

La situation semble plus nuancée dans le Sud-Est, où, malgré une baisse drastique, le nombre de personnes testées positives reste très élevé à Saint-Etienne. À Lyon, un plateau semble également avoir été atteint et il est trop tôt pour y parler de décrue. De même à Nice, où, malgré un niveau de contamination plus faible, les signaux de ralentissement ne sont pas aussi francs.

À ce stade, précisons que le rythme soutenu de tests entraîne souvent des retards dans les remontées de résultats, et que ce n'est que sur la durée que l'on peut attester d'une inversion de tendance.

Des zones rurales plus contaminées qu'au printemps

La France est en effet l'un des pays qui teste le plus au monde, et ça n'est évidemment pas sans conséquence sur le nombre de dépistages positifs, qui a crû depuis le début du mois d'octobre.

Et si certaines villes atteignent désormais un plateau, force est de constater que contrairement à la première vague, la seconde concerne presque tous les territoires, et s'est étendu aux territoires ruraux.

Covid-19 : ces grandes villes où l’épidémie « ralentit »

Dans les hôpitaux, le pire est encore à venir

Reste à savoir si les lueurs d'espoirs qui pointent ici et là sur le territoire sont à imputer au couvre-feu et au confinement. « Bien malin celui qui vous expliquera un lien de cause à effet entre le comportement et l'incidence » remarque David Heard, avant de mettre en lumière l'inertie importante de la politique de dépistage : « Il faut quelquefois plus d'une semaine pour incuber le virus, quelques jours pour se faire dépister, et quelques jours pour avoir le résultat. Une mesure n'a d'effet qu'au moins quinze jours après son application », remarque David Heard.

Et de fait, la situation hospitalière est critique. Le nombre de lits occupés pour Covid-19 devrait très bientôt atteindre le pic du 14 avril 2020. De même, le nombre de réanimations ne cesse d'augmenter et avec eux, le nombre de décès.

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