Covid-19 : bientôt un vétérinaire au sein du conseil scientifique

Un expert de la santé animale, déjà actif officieusement, va être officiellement nommé cette semaine au sein de l’instance chargée de conseiller l’exécutif dans la gestion de l’épidémie.

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 Le conseil scientifique, ici en mars 2020 à l’Elysée, va accueillir officiellement un vétérinaire, dont le nom n’a pas encore été dévoilé.
Le conseil scientifique, ici en mars 2020 à l’Elysée, va accueillir officiellement un vétérinaire, dont le nom n’a pas encore été dévoilé.  Twitter/Geneviève Chêne

En toute discrétion, il participe déjà au conseil scientifique. Son avis est, dit-on, très sollicité. La nomination officielle d'un vétérinaire, dont l'identité reste à lever, est attendue cette semaine au sein de l'instance qui murmure à l'oreille du gouvernement sur la gestion du Covid-19. Pas un spécialiste des chiens et des chats, mais un scientifique frotté aux instances internationales. « Il ne va pas tout arranger d'un coup de baguette magique, mais les différentes approches sont bonnes à prendre », commente Loïc Dombreval, député (LREM) des Alpes-Maritimes et ancien vétérinaire, qui réclamait depuis des mois l'arrivée d'un tel spécialiste.

Reste cette question : pourquoi un vétérinaire? Si de rares cas de chats contaminés au Covid, comme Papille, jeune femelle testée positive lors du premier confinement, ont été recensés, il semble que félins et canins n'attrapent presque jamais le Covid-19 et, en tout cas, ne le transmettent pas à l'homme. L'Académie vétérinaire de France avait, en revanche, mis en garde les propriétaires de furets. Ces animaux pourraient être infectés, voire faire muter le virus à l'instar de leurs cousins les visons, massivement abattus au Danemark pour cette raison.

Les coronavirus font partie de leur quotidien

Mais le vétérinaire nommé au conseil scientifique ne s'occupera pas essentiellement de contamination interespèces, « ce conseil a d'autres chats à fouetter », balaie Loïc Dombreval. Le spécialiste doit permettre d'ouvrir sur une autre façon de voir la crise. « Avec une approche différente, note Jean-Luc Angot, président de l'Académie vétérinaire de France. En santé animale, on gère des troupeaux, quand la médecine humaine travaille sur l'individu. » Avec une crise de grande ampleur tous les cinq ans (fièvre porcine africaine, influenza aviaire, etc.), le monde vétérinaire connaît la musique. « Ils ont l'habitude de gérer, et avec peu de moyens. La médecine vétérinaire est le parent pauvre de la santé », constate Loïc Dombreval.

Les coronavirus font partie du quotidien de ces soigneurs (c'est un vétérinaire américain qui en a isolé un pour la première fois en 1937). Ils en testent tous les jours et ont trouvé des vaccins contre certains d'entre eux. « On sait combien ce type de virus mute facilement, insiste Jean-Luc Angot. Pour la bronchite infectieuse de la volaille, par exemple, la vaccination doit être adaptée très régulièrement, ce n'est pas simple. »

Les laboratoires vétérinaires ont longtemps regretté leur mise à l'écart de la gestion de cette pandémie, craignant d'être regardés de haut par les pros de la santé humaine. Ils sont depuis le printemps habilités à réaliser des tests PCR, ils ont aussi récemment été sollicités pour identifier les variants. Certains industriels de santé animale vont aussi pouvoir produire des vaccins sous licence. « Car les normes de qualité et de sécurité sont les mêmes », rappelle Jean-Luc Angot.