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Covid-19 : à Marseille, des amendes pour les restos qui ne respectent pas les règles

A Marseille, des contrôles de police ont donné lieu ce samedi à des verbalisations, dans des bars qui se sont mis à la petite restauration et des restaurants qui contrevenaient aux mesures liées au Covid.

 MArseille, le 10 octobre. Dans les quartiers branchés du cours Julien et de La Plaine, une trentaine de policiers et de CRS ont dressé des PV.
MArseille, le 10 octobre. Dans les quartiers branchés du cours Julien et de La Plaine, une trentaine de policiers et de CRS ont dressé des PV. LP/Marc Leras

« Je trouve que le bilan n'est pas terrible! Lors de ces contrôles, il y a beaucoup d'absence d'affichage du nombre maximum de personnes pouvant être accueillies ou de registres des clients. Il faut que les professionnels se secouent un peu ». Préfet de police des Bouches-du-Rhône, Emmanuel Barbe a coordonné ce samedi une première opération de contrôle du respect des mesures sanitaires édictées mercredi dans le secteur de l'hôtellerie-restauration pour lutter contre l'épidémie de Covid.

Six personnes maximum par table, distance entre les chaises, interdiction de la consommation debout, port du masque… Autant de règles issues de longues discussions entre les représentants des cafetiers et restaurateurs et le préfet des Bouches-du-Rhône pour permettre la réouverture de leurs établissements qui avaient été fermés durant une semaine sur décision du ministre de la Santé Olivier Véran.

Vision «acrobatique» des mesures

Dans les quartiers centraux et branchés du cours Julien et de La Plaine, une trentaine de policiers et CRS ont dressé de nombreux PV, accompagnés de mises en demeure. Les établissements ont alors six heures pour se mettre en conformité sur tous les points relevés, sous peine d'une fermeture administrative de quinze jours. Peu d'entre eux respectaient l'ensemble de ces mesures ce samedi.

« On a laissé le temps aux professionnels d'assimiler ces nouvelles règles, maintenant nous ne laissons plus passer d'infraction », explique la commissaire de permanence devant un bar contrôlé. « S'il y a une mise en demeure, nous revenons très vite vérifier que le nécessaire a été fait. Les amendes peuvent aller de 135 à 3 750 euros en cas de récidive et nous n'hésiterons pas à faire baisser le rideau aux commerces qui ne jouent pas le jeu ».

Alors que les arrêtés préfectoraux se sont succédé depuis mi-septembre pour la métropole d'Aix-Marseille, de nombreux patrons de restaurants ou de bars qui se sont mis à servir de la petite restauration, nécessaire pour pouvoir ouvrir, ont une vision « acrobatique » de l'application de ces mesures.

«Je ne savais pas que jouer au flipper était interdit»

« Je ne savais pas que jouer au flipper était interdit », constate ainsi un patron de bar en lisant l'arrêté préfectoral qu'un policier lui a donné à lire et que ses clients se font verbaliser pour avoir utilisé le billard électrique. « Apparemment, il est interdit d'être debout. Pourtant, j'ai essayé d'être en conformité sur le reste ».

« Toutes ces règles sont claires, elles ont été négociées avec les professionnels, il faut maintenant qu'elles soient appliquées, c'est nécessaire pour soulager les hôpitaux », martèle le préfet de police. « Le petit jeu qui consiste à jouer avec les catégories, ça va deux minutes. Il y a une sorte de désinvolture, mais il faut que les commerçants nous prennent au sérieux car nous n'aurons aucun état d'âme ». Alors qu'un nouveau point sur la situation sanitaire de la métropole d'Aix-Marseille, classée rouge écarlate, doit avoir lieu ce lundi, la préfecture de police demande le renfort de la police municipale pour faire respecter les mesures sanitaires « dans l'intérêt de tous ».