Coronavirus : sous pression, les hôpitaux des Alpes-Maritimes transfèrent des patients

Le taux d’incidence dans le département est le plus élevé de toute la France métropolitaine, et le variant anglais serait deux à trois fois plus présent sur la côte d’Azur qu’ailleurs.

 Du fait du couvre-feu à partir de 18 heures, la Promenade des Anglais, à Nice, est régulièrement déserte.
Du fait du couvre-feu à partir de 18 heures, la Promenade des Anglais, à Nice, est régulièrement déserte.  REUTERS/Eric Gaillard

Pour la première fois, des transferts de malades ont été effectués dans les Alpes-Maritimes, département où la situation, sur le front du coronavirus, est « très tendue et préoccupante ».

Un patient d'Antibes a été évacué jeudi vers Marseille. Un autre de Grasse a aussi été transféré à l'hôpital Nord de la cité phocéenne, et sans doute un troisième actuellement hospitalisé à Cannes devrait-il les suivre, a indiqué à l'AFP le Pr Carole Ichai, cheffe du pôle anesthésie-réanimation-urgences au CHU de Nice, qui contribue à réguler la répartition des malades dans ce département de la Côte d'Azur.

« On ne peut pas attendre d'être à 100 % d'occupation »

Malgré un couvre-feu avancé à 18 heures depuis le 2 janvier, qui aurait dû déployer ses bénéfices, la situation est « très tendue et très préoccupante », juge-t-elle, affirmant avoir demandé ces transferts « avant qu'on ne soit saturé ». « On ne peut pas attendre d'être à 100 % d'occupation » des lits de réanimation et « on a reçu l'autorisation pour cinq transferts ». Cinq autres devraient être effectués la semaine prochaine, selon la médecin.

Jusqu'à Noël, les touristiques Alpes-Maritimes semblaient affronter la crise avec solidité. La volonté du maire de Nice Christian Estrosi n'y était pas pour rien : arrêtés précoces sur le port du masque obligatoire dans les rues, distributions gratuites de masques, dépistage gratuit, création d'un Conseil local de santé niçois sur le modèle du Conseil de défense sanitaire qui entoure le président de la République… L'ancien ministre avait déployé tout son savoir-faire pour muscler ses réponses, sans jamais oublier de communiquer. Plus récemment, Nice a expérimenté une campagne de tests antigéniques de masse. Et la métropole a lancé, il y a plus de deux mois, un partenariat avec les sapeurs-pompiers pour analyser deux fois par semaine les eaux usées de Nice et des 16 communes environnantes.

Mais après la – relative — douceur de vivre de l'été indien, l'automne a couvé une vague qui ne semble plus vouloir s'arrêter. Les Alpes-Maritimes sont aujourd'hui le département où le taux d'incidence est le plus élevé de toute la France métropolitaine : 423 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants sur les sept derniers jours, selon les derniers chiffres arrêtés au 18 janvier de Santé publique France. Sur les 2 661 patients hospitalisés pour covid, 324 étaient hier en réanimation.

Le variant britannique fait rage

En outre, selon une étude révélée par Nice-Matin, le variant anglais, très contagieux, est aussi deux à trois fois plus présent sur la Côte d'Azur. « De Menton à Toulon et comme en région parisienne, on est au double ou au triple de la prévalence nationale », indique à l'AFP le Dr Vincent Raimondi, directeur général de Cerballiance Côte d'Azur, le laboratoire qui a procédé à l'étude.

Les fêtes de fin d'année pourraient être en cause. Interrogé par l'AFP, l'aéroport de Nice Côte d'Azur, le deuxième de France après les aéroports parisiens, confirme une hausse des passagers, avec « un petit pic de 120 mouvements par jour entre Noël et le Nouvel An, au lieu de 40 auparavant, majoritairement pour des vols domestiques » en France et des rotations avec des pays européens.